20 novembre 2009
Tanto lavoro e tanto piacere
Quelques mots en passant pour ne pas laisser ce blog désert trop longtemps. Quelques mots irréfléchis, en vrac sous le soleil, dans un bureau mansardé où je me réfugie pour travailler. Vue sur la Tour Eiffel. L'esprit concentré. Jusqu'à jeudi, je deviens spin doctor. Political PR. J'apprends à manipuler les médias, les opinions, les votes. Je raconte des histoires. Chaque jour a son nouveau sujet phare. Je collabore à la théorie du grand complot. Je deviens David Axelrod, principal responsable de la campagne électorale de Barack Obama, j'anime une conférence auprès de think tanks britanniques, je rénove la politique anglaise qui se remet mal des techniques dépassées d'un Alastair Campbell et d'un Peter Mandelson. J'américanise, paraît-il. J'adore les jeux de rôles.
Cela fait partie de ces choses qui m'enthousiasment le plus cette année. Deux formations de front, la pression, la tension nerveuse, quelques craquages en bonne et due forme - qui se manifestent par d'incontrôlables éclats de rire, de nouvelles habitudes, de nouvelles ouvertures, un élargissement de l'horizon, les vrais grands défis, le manque de temps. Ma Sorbonne séculaire et ailleurs. Une université du "gratin" - un jeu de mots facile... Une ambiance incroyable. Lors d'un déjeuner au sommet hier dans la turbulente salle du restaurant universitaire, nous avons conclu solennellement que dans ce master au petit effectif, nous sommes tous forts sympathiques. J'avais cette seule crainte, la perspective de cette année chargée : ce serait le paradis ou l'enfer. La première option l'emporte. Ouf.

10:28 Ecrit par Emeline dans DolceVitaUniversità | Lien permanent | Commentaires (4)
16 novembre 2009
Pensata del giorno
Cette phrase, comme une ritournelle :
"La littérature me paraissait le dernier refuge au monde de tous ceux qui ne savent pas où se fourrer"
Romain Gary.
Avouez, c'est encourageant... !
Ci vediamo !
19:32 Ecrit par Emeline dans DolceVitaCultura, DolceVitaPensata, DolceVitaScrittura | Lien permanent | Commentaires (10)
14 novembre 2009
Forse il passato
Des absences prolongées, à peine le temps de souffler, de nouveaux lieux, de nouveaux défis, de nouvelles têtes et une foule de nouvelles interrogations. Cette année me plaît. Malgré les yeux de panda.
Un dimanche, en écoutant Jamie Cullum, ouvrir une vieille valise dans laquelle avaient été fourrées quelques vêtements intéressants dans l'urgence du déménagement. Y retrouver la jeunesse de maman. L'avant moi. Tout essayer. Un sarouel en laine épaisse noire, coupé à la perfection, une robe en soie bleue, une robe chemise dans le plus fin des cotons, et cette merveille de robe en guipur, un short noir taille haute, une combinaison pantalon et deux ou trois autres bricoles. Presque un nouveau dressing dans cette valise. Imaginer alors de raccourcir un peu certaines pièces, d'en teindre d'autres, de retrouver une ceinture, de changer une doublure... Du vintage maison.
Le goût de l'héritage, de la filiation. Une certaine fierté aussi d'exhumer ces vêtements de leurs cartons, de les faire revivre et selon ce joli terme, emprunté à une amie, de les "twister" un peu. Les fripes m'intimident, à Paris, l'odeur me rebute souvent. Il me fallait une solution de repli. J'avais déjà mis le nez dans ces reliques des années 1960 à 1980, tout ne me plaisait pas. Il y a quelques années encore, certaines des pièces qui m'enthousiasment le plus aujourd'hui me semblaient fort impropables. Tout ceci ne fait que conforter mon instinct de conservation. Sait-on jamais. J'avais récupéré un petit ensemble robe et manteau bleu marine, très Françoise Hardy, j'étais encore au collège. Je l'ai porté longtemps. Et la coupe trapèze m'a lassée. Il est sur une étagère du dressing, attendant sagement sa prochaine heure de gloire.
Mais la chasse au trésor a véritablement commencé cet été. Deux merveilles : une robe noire en coton, très "entretien d'embauche au mois de juin", et surtout, surtout, une robe en soie sauvage chocolat, boutonnée, sublime, difficile à décrire. J'avais émis des doutes sur le chocolat de la chose. Et il a fallu se rendre à l'évidence. Elle était faite pour les semelles rouges. L'Imperator a confirmé.
J'ai confiance dans les trésors de la vieille valise.
Ci vediamo !
08:57 Ecrit par Emeline dans DolceVitaModa | Lien permanent | Commentaires (11)
09 novembre 2009
20 anni fa
Un souvenir précis, pas le premier mais presque, il y a vingt ans, ces journées de novembre. J'avais deux ans. Assise sur les genoux de mon grand-père, devant la télévision comme un messie. Le monde changeait. Une voix familière dans mon oreille m'expliquait patiemment ces événements dont à l'époque, je n'avais pas idée. Une vague conscience peut-être que ces instants-là comptaient. Je voyais rarement ma famille réunie religieusement devant un écran. Ce que j'ignorais encore : ce pays ne m'était pas étranger. Des racines proches et pourtant inconnues. De l'autre côté du Rhin.
Lorsque le rideau se lève, "de Stettin sur la Baltique à Trieste sur l'Adriatique"*. Et surtout, lorsque le mur tombe. Dans cette ville qui fut le noeud de toutes les convoitises, de toutes les tensions, de tous les symboles. Vingt-huit ans de ce mur. Vingt-huit ans de fracture. Lorsque l'histoire se joue sous nos yeux. Chacun sait ce qu'il faisait durant ces heures cruciales. Les heures de tous les possibles, de toutes les larmes, de l'incrédulité.
Aujourd'hui, j'aurais aimé y être. C'était impossible.
Comme un réconfort, 2009 aura pris son envol à Berlin, en février, dix jours intenses. Et une émotion terrible à l'East Side Gallery, où le mur se dresse encore, comme une cicatrice à ciel ouvert, sur un peu plus d'un kilomètre. Une soirée d'hiver, et les lampadaires lancinants. Le froid, le vent, et ce monstre historique, émaillé de ces graffitis cultes. Le baiser de Brejnev et Honecker, la Trabant qui s'échappe, les années décomptées. Nous étions trois ce soir-là à errer dans ce lointain Est berlinois. Française, allemand, hollandais. La dernière génération du mur. Le sentiment de rendre notre hommage, de prendre conscience de ce monde, de notre héritage, et d'une certaine façon de penser.
Il y a vingt ans Rostropovitch jouait Bach devant la page qui se tournait.
07:00 Ecrit par Emeline dans DolceVitaStoria | Lien permanent | Commentaires (9)












