29 octobre 2009
La domanda
Un dialogue entre un chirurgien et un astronaute.*
- Vous croyez en Dieu ? Parce que je suis allé plusieurs fois au ciel et je n'ai jamais vu les anges.
- Vous savez, j'ai opéré le cerveau de personnes très intelligentes et je n'ai jamais vu la moindre pensée.
Joli, non ?
Ci vediamo !
*Librement inspiré des Mystères de la patience de Jostein Gaarder.
07:00 Ecrit par Emeline dans DolceVitaPensata | Lien permanent | Commentaires (6)
27 octobre 2009
Quando il tempo fugge
Le temps me fuit. C'est une malédiction. Je ne vois passer ni les jours, ni les heures, et encore moins les nuits qui semblent désespérément courtes... Et comme une esprit tenace de contradiction, je me sauve aux premiers moments libres. Dès jeudi, je sillonnerai les routes du Sud. Ou plutôt des Suds, ralliant Toulouse aux Saintes-Maries en quatre jours pour un petit périple mère-fille, voir des amis et la famille, se délester du poids de la conscience avec une escale dans des lieux d'une tristesse poignante, même au delà du temps. Et laisser place à la découverte aussi en profitant de quelques trésors qui émailleront la route. De vieilles pierres, des remparts, l'histoire figée. Une halte à Carcassonnes.
Les semaines écoulées depuis les premiers jours de septembre ont apporté leur lot de nouveauté, de changement, de douleur aussi. Le départ d'une maison où s'étaient accumulés les souvenirs. Autant de pages qui se tournent. La fatigue, physique et morale, l'impression exaspérante de ne distinguer qu'un horizon lointain qui semble s'éloigner toujours, et la nécessité de s'évader au plus vite. Il n'aura fallu qu'un coup de tête pour valider le billet d'avion. La destination n'a rien de particulièrement exotique et n'a pas vraiment le goût de l'aventure, mais plutôt le sourire réconfortant des visages qui me sont chers, la présence rassurante de ceux qui seront toujours là. La pierre rose et l'air marin de Camargue. Une excellente équation.
Ci vediamo !
10:42 Ecrit par Emeline dans DolceVitaNotizie | Lien permanent | Commentaires (8)
24 octobre 2009
Viaggiare
L'état d'esprit du départ. Quand la seule obsession qui vous tenaille c'est cette décharge d'adrénaline au moment d'acheter un billet d'avion, l'envie de feuilleter un guide comme un livre de chevet, les kilomètres qui séparent deux étapes d'un périple, le défi de tout faire en quelques jours, les réflexions intenses avant de boucler la valise. Mille idées toujours. Le départ en tête. Le voyage, l'évasion, le lointain, l'inconnu.
Le départ comme le sel de la vie.
L'impatience de la découverte, la saveur de l'instant, le goût de l'aventure, un peu aussi. Quelques envies tenaces. Marcher dans un désert de sables et dormir sous la voûte émaillée d'étoiles, dans ces lieux uniques où on les voit encore, se perdre entre deux falaises balayées par les vent, s'étourdir des couleurs des façades du Sud, Rome, Vérone ou Lisbonne, défier les lois de l'attraction, dénicher d'improbables moyens de transport, user ses semelles inexorablement, fondre sous le soleil, être pris de vertiges au sommet de quelques gratte-ciels, se griser des odeurs épicés sur les marchés labyrinthiques au Proche-Orient, découvrir le silence dans une mer glacée, soupirer dans les brumes mystérieuses de la mer de Chine, croire encore à la modernité dans des métropoles lointaines, se sentir insignifiant devant les ruines antiques, s'ennivrer de quelques pas de tango à Buenos Aires, toucher du bout des doigts la pierre friable et millénaire des villes yéménites, admirer le carrefour des cultures à Alep ou Istanbul, s'éveiller dans le design disjoncté d'un hôtel à Berlin, se noyer dans le tumulte des rêves et des souvenirs. En garder quelques mots gravés sur les pages satinées d'un carnet noir.
Avant de fuir encore vers d'autres voyages.

12:19 Ecrit par Emeline dans DolceVitaViaggio | Lien permanent | Commentaires (9)
21 octobre 2009
Un po' di più
Per il piacere !

22:59 Ecrit par Emeline dans DolceVitaSpeciale | Lien permanent | Commentaires (2)
Le suole rosse sul mito
Il faudrait confesser un comportement quelque peu irrationnel pendant ces quelques jours à Rome. La faute en incombe peut-être au Bellini, au Passito et au Lambrusco, à l'envie de concilier deux mythes, à une émulation inévitable avec mes deux accolytes un peu fêlées, à la présence ce soir-là d'une Vespa et à cette drôle d'image capturée entre deux fous-rires, à l'instabilité du pavé romain, et davantage encore à l'innocente Cinquecento rouge du lendemain qui attendait sagement notre gentil délire devant un mur ocre du Trastevere. Le mur romain couvert d'inscriptions hasardeuses et parfois cocasses, le mur romain qui se plie docilement à quelques exigences.
Parfois le hasard fait bien les choses. Parfois, il en faut peu pour s'amuser, pour ressentir cette impression grisante de retomber en enfance. Imaginez un peu la scène. Trois parisiennes échappées dans la ville éternelle. Une Fiat 500. Rouge, forcément. Une façade surréaliste où brille le mot "Vortex". On aurait imaginé le cadre, on n'aurait pas trouvé mieux. Et l'irrésistible envie de jouer. Comme des gamines indisciplinées. Comme des apprenties pin-ups.
La malice à l'italienne, la dérision, les sourires. Les semelles rouges, donc. Et surtout, ne pas se prendre au sérieux.
Nous sommes définitivement perdues !
Ci vediamo !
14:32 Ecrit par Emeline dans DolceVitaAmici, DolceVitaModa, DolceVitaViaggio | Lien permanent | Commentaires (0)
18 octobre 2009
Segreti romani
Imaginez un peu. Trois Parisiennes foulant le pavé romain, sous un soleil de plomb, un ciel azuréen, une journée estivale du mois d'octobre. La promenade débute derrière le château Saint-Ange, dans une rue au nom d'un illustre philosophe antique, dans le quartier résidentiel de Prati. Un immeuble au porche imposant, une façade couleur cannelle, des escaliers de marbre blanc. Une guest house aux airs d'appartement. L'impression soudain d'être déjà un peu Romaines. Il faut contourner le château pour gagner le Ponte Saint-Angelo, en jetant un air faussement blasé à la Via della Conciliazione qui sert d'allée d'honneur à Saint-Pierre qui semblait plus à gauche, donc*. Une première étape s'impose Via di Panico, chez un glacier où les parfums sont pensés pour inciter au péché de gourmandise... Un petit glacier, un peu confidentiel, loin des grands noms de la place romaine. Un petit glacier où le cappuccino défie tout entendement. Au coin de cette petite rue, la place de l'Horloge, et un visage connu, celui de Bruno, le gardien du Palais, chaleureux et accueillant. Notre identité romaine croît à chaque pavé... Nous nous sentons chez nous.
Il faut ensuite parcourir la Via del Governo Vecchio qui recèle de bien précieuses adresses... Une pizza légendaire et les meilleurs panini de la ville - et du monde, cela va de soi. Quelques friperies. Et de jeunes designers. Un bar in. Et au bout, le Pasquino bavard en ces temps de berlusconades inlassables. La Piazza Navona sert de cadre à un déjeuner sur le pouce. Je salue Bernini, le Nil, le Danube, le Rio de la Plata, le Gange et les pigeons, et par le cours de la Renaissance, nous pénétrons dans la cour des Archives. Au fond, Sant'Ivo alla Sapienza qui provoque toujours chez moi une émotion palpable. La spirale se détache sur le ciel cobalt. Nous sommes seules. Seules dans cette cour. Et un peu seules au monde aussi. Sant'Ivo ne livre jamais tous ses secrets, Borromini fascine, et nous contemplons là tout son génie dans un presque recueillement.
Le pavé romain se déroule sous nos pas comme un tapis, vers un nouveau plaisir des papilles, San Crispino, une institution. Et le parfum éponyme reste mon préféré. Le nez en l'air toujours, vers les anges suspendus, vers les volets entrouverts et les siestes clandestines, vers les façades décaties, les entralacs de câbles, l'effritement du crépis, vers le lierre qui ne fait qu'obéir à l'intraitable loi de la gravité, vers ces visages de Madone au coin de chaque rue. Sans trop savoir comment, au sortir d'une étroite ruelle, nous découvrons une perspective étonnante qui s'achève par les escaliers lointains de la Trinité, l'église et l'obélisque. Nous longeons le trottoir et des enseignes mythiques, croisons quelques silhouettes replètes de Cinquecento d'un autre siècle, et entrons avec une assurance toute parisienne chez Max Mara. Chacune ressortira avec un petit sac en papier au nom de la prestigieuse enseigne. La lumière rosit comme aux dernières heures d'un jour que nous n'avons pas vu passer. Une paire de ballerines aux couleurs de ce crépuscule qui m'est cher foule les marches du fameux escalier pour gagner la terrasse de la Villa Borghese et le Pincio. Nous restons rêveuses et le soleil s'engouffre dans la via Ferdinando di Savoia. Les palmiers deviennent esquisses à l'encre de Chine et le dôme de Saint-Pierre attrape chaque nuance d'une palette pastel.
Et si le soleil se couche sur Rome, l'heure sonne aussi pour nous. Des airs de Cendrillons de la Dolce Vita. Nous enfilons une tenue digne d'une nuit dans l'Urbs et d'une terrasse à l'ombre des étoiles, surplombant le toit rond du Panthéon et taquinant les volutes de Borromini. La terrasse de tous les possibles, et surtout le lieu d'un nectar secret, mousseux et frais, dont l'origine est vénitienne mais sa plus belle interprétation définitivement romaine. La Minerve. Nous savourons et le cocktail et l'instant. La douceur du soir et la douceur de vivre. Le bonheur brut. Et le goût de l'interdit : un petit four dérobé entre l'escalier qui mène au ciel et l'ascenceur.
Il est temps de retrouver les pavés et un nouveau défi s'impose : baptiser les semelles rouges, leur faire connaître la rue en choisissant ce pavé-là. Et l'idée germe en croisant une Vespa... Et deviendra fil... rouge, certo !
Ci vediamo domani !
* private joke
21:27 Ecrit par Emeline dans DolceVitaPasseggiata, DolceVitaViaggio | Lien permanent | Commentaires (7)
15 octobre 2009
Tre ragazze nella Città Eterna
Nous étions trois à nous envoler vers Rome il n'y a pas tout à fait une semaine encore. Une joyeuse équipée, le besoin de changer d'air, d'une dernière parenthèse avant d'entrer de plein pied dans l'automne et la rentrée. Le périple était prévu depuis plusieurs mois. Quelques épisodes vous ont déjà été narrés ici et ici, parmi les plus cultes du voyage. Nous partions avec une seule ambition clairement affichée : profiter de chaque instant. Alors voilà. Nous avons assumé un certain snobisme, avons traqué les Vespa et les Cinquecento pour en obtenir la plus large palette de couleurs, avons réinterprété les aventures du nain d'Amélie Poulain avec une certaine paire de chaussures et une bague très particulière, avons connu quelques extases gastronomiques, avons franchi la frontière de l'illégalité à plusieurs reprises, avons beaucoup ri, avons dû passer pour des sorties d'asile quelques fois, avons peu dormi, avons usé nos semelles sur le pavé romain, nous sommes déséspérées de l'inculture de certains de nos compatriotes, avons ressenti une certaine fierté vendredi soir en constatant notre incroyable capacité à marcher perchées sur 10cm de talon sur l'irrégularité de ce sol séculaire, avons rêvé de Cicéron et dormions dans la rue d'Horace, avons émis quelques doutes sur le chic naturel de certains personnages, nous sommes émerveillées devant l'élégance rare d'un homme à vélo, avons apprécié la modernité des ecclésiastiques et nous sommes lamentées que le temps s'écoule inexorablement. Trois jours. Trois tout petits jours...
12:26 Ecrit par Emeline dans DolceVitaAmici, DolceVitaViaggio | Lien permanent | Commentaires (4)
14 octobre 2009
Spiegazione
Une petite explication s'impose, si à tout hasard, certains d'entre vous passent encore par ici. Mon blog www.dolcevitaparis.fr rencontre de sérieux problèmes que je suis dans l'impossibilité totale de résoudre. Alors parons au plus pressé. Ce lieu va momentanément reprendre du service en attendant de régler tout ceci.
Ci vediamo pronto.
14:49 Ecrit par Emeline dans DolceVitaNotizie | Lien permanent | Commentaires (10)












