23 novembre 2009

Viaggio espresso

Je n'ai le temps de rien tant que je dois me glisser dans la peau de David Axelrod et son accolyte David Plouffe - dont j'assume nettement moins le nom. Alors pour compenser, et pour quelques secondes d'évasion en attendant mieux, voici un petit tour à Venise. Comment ça, rien à voir ? Et alors ?

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Ci vediamo...

 

09:46 Ecrit par Emeline dans DolceVitaViaggio | Lien permanent | Commentaires (6)

20 novembre 2009

Tanto lavoro e tanto piacere

Quelques mots en passant pour ne pas laisser ce blog désert trop longtemps. Quelques mots irréfléchis, en vrac sous le soleil, dans un bureau mansardé où je me réfugie pour travailler. Vue sur la Tour Eiffel. L'esprit concentré. Jusqu'à jeudi, je deviens spin doctor. Political PR. J'apprends à manipuler les médias, les opinions, les votes. Je raconte des histoires. Chaque jour a son nouveau sujet phare. Je collabore à la théorie du grand complot. Je deviens David Axelrod, principal responsable de la campagne électorale de Barack Obama, j'anime une conférence auprès de think tanks britanniques, je rénove la politique anglaise qui se remet mal des techniques dépassées d'un Alastair Campbell et d'un Peter Mandelson. J'américanise, paraît-il. J'adore les jeux de rôles.

Cela fait partie de ces choses qui m'enthousiasment le plus cette année. Deux formations de front, la pression, la tension nerveuse, quelques craquages en bonne et due forme - qui se manifestent par d'incontrôlables éclats de rire, de nouvelles habitudes, de nouvelles ouvertures, un élargissement de l'horizon, les vrais grands défis, le manque de temps. Ma Sorbonne séculaire et ailleurs. Une université du "gratin" - un jeu de mots facile... Une ambiance incroyable. Lors d'un déjeuner au sommet hier dans la turbulente salle du restaurant universitaire, nous avons conclu solennellement que dans ce master au petit effectif, nous sommes tous forts sympathiques. J'avais cette seule crainte, la perspective de cette année chargée : ce serait le paradis ou l'enfer. La première option l'emporte. Ouf.

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10:28 Ecrit par Emeline dans DolceVitaUniversità | Lien permanent | Commentaires (5)

16 novembre 2009

Pensata del giorno

Cette phrase, comme une ritournelle :

"La littérature me paraissait le dernier refuge au monde de tous ceux qui ne savent pas où se fourrer"

Romain Gary.

Avouez, c'est encourageant... !

 

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Ci vediamo !

14 novembre 2009

Forse il passato

Des absences prolongées, à peine le temps de souffler, de nouveaux lieux, de nouveaux défis, de nouvelles têtes et une foule de nouvelles interrogations. Cette année me plaît. Malgré les yeux de panda.

Un dimanche, en écoutant Jamie Cullum, ouvrir une vieille valise dans laquelle avaient été fourrées quelques vêtements intéressants dans l'urgence du déménagement. Y retrouver la jeunesse de maman. L'avant moi. Tout essayer. Un sarouel en laine épaisse noire, coupé à la perfection, une robe en soie bleue, une robe chemise dans le plus fin des cotons, et cette merveille de robe en guipur, un short noir taille haute, une combinaison pantalon et deux ou trois autres bricoles. Presque un nouveau dressing dans cette valise. Imaginer alors de raccourcir un peu certaines pièces, d'en teindre d'autres, de retrouver une ceinture, de changer une doublure... Du vintage maison.

Le goût de l'héritage, de la filiation. Une certaine fierté aussi d'exhumer ces vêtements de leurs cartons, de les faire revivre et selon ce joli terme, emprunté à une amie, de les "twister" un peu. Les fripes m'intimident, à Paris, l'odeur me rebute souvent. Il me fallait une solution de repli. J'avais déjà mis le nez dans ces reliques des années 1960 à 1980, tout ne me plaisait pas. Il y a quelques années encore, certaines des pièces qui m'enthousiasment le plus aujourd'hui me semblaient fort impropables. Tout ceci ne fait que conforter mon instinct de conservation. Sait-on jamais. J'avais récupéré un petit ensemble robe et manteau bleu marine, très Françoise Hardy, j'étais encore au collège. Je l'ai porté longtemps. Et la coupe trapèze m'a lassée. Il est sur une étagère du dressing, attendant sagement sa prochaine heure de gloire.

Mais la chasse au trésor a véritablement commencé cet été. Deux merveilles : une robe noire en coton, très "entretien d'embauche au mois de juin", et surtout, surtout, une robe en soie sauvage chocolat, boutonnée, sublime, difficile à décrire. J'avais émis des doutes sur le chocolat de la chose. Et il a fallu se rendre à l'évidence. Elle était faite pour les semelles rouges. L'Imperator a confirmé.

J'ai confiance dans les trésors de la vieille valise.

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Ci vediamo !

08:57 Ecrit par Emeline dans DolceVitaModa | Lien permanent | Commentaires (11)

09 novembre 2009

20 anni fa

Un souvenir précis, pas le premier mais presque, il y a vingt ans, ces journées de novembre. J'avais deux ans. Assise sur les genoux de mon grand-père, devant la télévision comme un messie. Le monde changeait. Une voix familière dans mon oreille m'expliquait patiemment ces événements dont à l'époque, je n'avais pas idée. Une vague conscience peut-être que ces instants-là comptaient. Je voyais rarement ma famille réunie religieusement devant un écran. Ce que j'ignorais encore : ce pays ne m'était pas étranger. Des racines proches et pourtant inconnues. De l'autre côté du Rhin.

Lorsque le rideau se lève, "de Stettin sur la Baltique à Trieste sur l'Adriatique"*. Et surtout, lorsque le mur tombe. Dans cette ville qui fut le noeud de toutes les convoitises, de toutes les tensions, de tous les symboles. Vingt-huit ans de ce mur. Vingt-huit ans de fracture. Lorsque l'histoire se joue sous nos yeux. Chacun sait ce qu'il faisait durant ces heures cruciales. Les heures de tous les possibles, de toutes les larmes, de l'incrédulité.

Aujourd'hui, j'aurais aimé y être. C'était impossible.

Comme un réconfort, 2009 aura pris son envol à Berlin, en février, dix jours intenses. Et une émotion terrible à l'East Side Gallery, où le mur se dresse encore, comme une cicatrice à ciel ouvert, sur un peu plus d'un kilomètre. Une soirée d'hiver, et les lampadaires lancinants. Le froid, le vent, et ce monstre historique, émaillé de ces graffitis cultes. Le baiser de Brejnev et Honecker, la Trabant qui s'échappe, les années décomptées. Nous étions trois ce soir-là à errer dans ce lointain Est berlinois. Française, allemand, hollandais. La dernière génération du mur. Le sentiment de rendre notre hommage, de prendre conscience de ce monde, de notre héritage, et d'une certaine façon de penser.

 

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Berlin, février 2009. Le mur en journée. J'y suis retournée quelques jours après la découverte de ce lieu, pour comprendre un peu mieux.

 

Il y a vingt ans Rostropovitch jouait Bach devant la page qui se tournait.

 

Découvrez la playlist Mur de Berlin avec Mstislav Rostropovich

 

 

 

07:00 Ecrit par Emeline dans DolceVitaStoria | Lien permanent | Commentaires (9)

06 novembre 2009

L'eleganza

Parfois, il suffit juste d'une silhouette pour se dire que le monde est bien fait. Des dégaines.

 

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Ci vediamo !



12:12 Ecrit par Emeline dans DolceVitaSpeciale | Lien permanent | Commentaires (4)

02 novembre 2009

Le piccole gioie

Ces quelques jours auront été parfaits. Jeudi, j'embarquai dans un avion pour Toulouse, où je retrouvai des températures estivales, pieds nus dans des ballerines, pour grimper les rues médiévales de Cordes-sur-Ciel, la bien nommée, et déjeuner avec un éditeur d'art pour l'entendre parler de livres enluminés et de la campagne en automne. Un panorama étonnant et l'histoire pour voisine de table. Les treilles rougeoyantes sur les façades pour réveiller la pierre et une chaleur douce. Des objets qui frôlent le sublime, que l'on craint de toucher, et que l'on apprivoise. Le soleil déclinant de la fin d'après-midi plongeait la vallée dans une agréable torpeur, la lumière se faisait voilée comme pour ne rien ôter de leur mystère à ces paysages, et les vignes aux couleurs changeantes devenaient une palette automnale.

Retour vers Toulouse pour y retrouver une amie et écumer quelques rues et quelques friperies, avant de refaire le monde Place du Capitole. De ces jolis moments de complicité. Et le soir, un dîner en famille, chez une cousine qui revenait d'Afrique du Sud, des saveurs du bout du monde, et lovées dans les canapés, parler jusqu'à ce que les paupières ne puissent plus lutter. Et le réveil aux aurores pour découvrir Carcassonne déserte derrière ses remparts. Une étape brève hélas, juste le temps d'une exploration et d'un chocolat chaud. Quelques autres étapes encore, ma famille émaille le Sud. L'incontournable d'un week-end de la Toussaint : les chrysanthèmes. Les corbières, les feuilles roussies, le ciel bleu, la lumière dorée, le café serré et une brioche aux arômes de fleur d'oranger.

Le soir, une nuit en Arles chez des amis. Cocteau partout aux murs. Picasso aussi. Une longue promenade dans la nuit provençale, des souvenirs vieux de quelques décennies, le Rhône et les trésors qui y sont encore enfouis, quelques secrets. La confiance. Les marches inégales, les réverbères hésitants. Ces êtres qui importent plus que d'autres. Le lendemain, une pleine journée ensemble sur les plages de Camargue, quelques chevaux, la mer, de grands éclats de rire, une jolie surprise, une maison au nom introuvable perdue dans les marais, du saucisson et du jus de tomate, la joie de se retrouver, quelques plaisanteries, mes cheveux raccourcis, s'amuser tous comme des gamins, mettre les pieds dans l'eau et manquer de tomber, porter une marinière avec des boutons dorés, se moquer, regretter de vivre dans ce Nord lointain, même si c'est Paris. Et rentrer, le sourire aux lèvres, rechargée de ces moments particuliers sous le sceau serein de l'amitié.

 

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Ci vediamo !

 

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