23 novembre 2009

Viaggio espresso

Je n'ai le temps de rien tant que je dois me glisser dans la peau de David Axelrod et son accolyte David Plouffe - dont j'assume nettement moins le nom. Alors pour compenser, et pour quelques secondes d'évasion en attendant mieux, voici un petit tour à Venise. Comment ça, rien à voir ? Et alors ?

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Ci vediamo...

 

09:46 Ecrit par Emeline dans DolceVitaViaggio | Lien permanent | Commentaires (5)

02 novembre 2009

Le piccole gioie

Ces quelques jours auront été parfaits. Jeudi, j'embarquai dans un avion pour Toulouse, où je retrouvai des températures estivales, pieds nus dans des ballerines, pour grimper les rues médiévales de Cordes-sur-Ciel, la bien nommée, et déjeuner avec un éditeur d'art pour l'entendre parler de livres enluminés et de la campagne en automne. Un panorama étonnant et l'histoire pour voisine de table. Les treilles rougeoyantes sur les façades pour réveiller la pierre et une chaleur douce. Des objets qui frôlent le sublime, que l'on craint de toucher, et que l'on apprivoise. Le soleil déclinant de la fin d'après-midi plongeait la vallée dans une agréable torpeur, la lumière se faisait voilée comme pour ne rien ôter de leur mystère à ces paysages, et les vignes aux couleurs changeantes devenaient une palette automnale.

Retour vers Toulouse pour y retrouver une amie et écumer quelques rues et quelques friperies, avant de refaire le monde Place du Capitole. De ces jolis moments de complicité. Et le soir, un dîner en famille, chez une cousine qui revenait d'Afrique du Sud, des saveurs du bout du monde, et lovées dans les canapés, parler jusqu'à ce que les paupières ne puissent plus lutter. Et le réveil aux aurores pour découvrir Carcassonne déserte derrière ses remparts. Une étape brève hélas, juste le temps d'une exploration et d'un chocolat chaud. Quelques autres étapes encore, ma famille émaille le Sud. L'incontournable d'un week-end de la Toussaint : les chrysanthèmes. Les corbières, les feuilles roussies, le ciel bleu, la lumière dorée, le café serré et une brioche aux arômes de fleur d'oranger.

Le soir, une nuit en Arles chez des amis. Cocteau partout aux murs. Picasso aussi. Une longue promenade dans la nuit provençale, des souvenirs vieux de quelques décennies, le Rhône et les trésors qui y sont encore enfouis, quelques secrets. La confiance. Les marches inégales, les réverbères hésitants. Ces êtres qui importent plus que d'autres. Le lendemain, une pleine journée ensemble sur les plages de Camargue, quelques chevaux, la mer, de grands éclats de rire, une jolie surprise, une maison au nom introuvable perdue dans les marais, du saucisson et du jus de tomate, la joie de se retrouver, quelques plaisanteries, mes cheveux raccourcis, s'amuser tous comme des gamins, mettre les pieds dans l'eau et manquer de tomber, porter une marinière avec des boutons dorés, se moquer, regretter de vivre dans ce Nord lointain, même si c'est Paris. Et rentrer, le sourire aux lèvres, rechargée de ces moments particuliers sous le sceau serein de l'amitié.

 

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Ci vediamo !

 

24 octobre 2009

Viaggiare

L'état d'esprit du départ. Quand la seule obsession qui vous tenaille c'est cette décharge d'adrénaline au moment d'acheter un billet d'avion, l'envie de feuilleter un guide comme un livre de chevet, les kilomètres qui séparent deux étapes d'un périple, le défi de tout faire en quelques jours, les réflexions intenses avant de boucler la valise. Mille idées toujours. Le départ en tête. Le voyage, l'évasion, le lointain, l'inconnu.

Le départ comme le sel de la vie.

L'impatience de la découverte, la saveur de l'instant, le goût de l'aventure, un peu aussi. Quelques envies tenaces. Marcher dans un désert de sables et dormir sous la voûte émaillée d'étoiles, dans ces lieux uniques où on les voit encore, se perdre entre deux falaises balayées par les vent, s'étourdir des couleurs des façades du Sud, Rome, Vérone ou Lisbonne, défier les lois de l'attraction, dénicher d'improbables moyens de transport, user ses semelles inexorablement, fondre sous le soleil, être pris de vertiges au sommet de quelques gratte-ciels, se griser des odeurs épicés sur les marchés labyrinthiques au Proche-Orient, découvrir le silence dans une mer glacée, soupirer dans les brumes mystérieuses de la mer de Chine, croire encore à la modernité dans des métropoles lointaines, se sentir insignifiant devant les ruines antiques, s'ennivrer de quelques pas de tango à Buenos Aires, toucher du bout des doigts la pierre friable et millénaire des villes yéménites, admirer le carrefour des cultures à Alep ou Istanbul, s'éveiller dans le design disjoncté d'un hôtel à Berlin, se noyer dans le tumulte des rêves et des souvenirs. En garder quelques mots gravés sur les pages satinées d'un carnet noir.

Avant de fuir encore vers d'autres voyages.

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Ci vediamo !

12:19 Ecrit par Emeline dans DolceVitaViaggio | Lien permanent | Commentaires (9)

21 octobre 2009

Le suole rosse sul mito

Il faudrait confesser un comportement quelque peu irrationnel pendant ces quelques jours à Rome. La faute en incombe peut-être au Bellini, au Passito et au Lambrusco, à l'envie de concilier deux mythes, à une émulation inévitable avec mes deux accolytes un peu fêlées, à la présence ce soir-là d'une Vespa et à cette drôle d'image capturée entre deux fous-rires, à l'instabilité du pavé romain, et davantage encore à l'innocente Cinquecento rouge du lendemain qui attendait sagement notre gentil délire devant un mur ocre du Trastevere. Le mur romain couvert d'inscriptions hasardeuses et parfois cocasses, le mur romain qui se plie docilement à quelques exigences.

Parfois le hasard fait bien les choses. Parfois, il en faut peu pour s'amuser, pour ressentir cette impression grisante de retomber en enfance. Imaginez un peu la scène. Trois parisiennes échappées dans la ville éternelle. Une Fiat 500. Rouge, forcément. Une façade surréaliste où brille le mot "Vortex". On aurait imaginé le cadre, on n'aurait pas trouvé mieux. Et l'irrésistible envie de jouer. Comme des gamines indisciplinées. Comme des apprenties pin-ups.

La malice à l'italienne, la dérision, les sourires. Les semelles rouges, donc. Et surtout, ne pas se prendre au sérieux.

 

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Nous sommes définitivement perdues !

Ci vediamo !

18 octobre 2009

Segreti romani

Imaginez un peu. Trois Parisiennes foulant le pavé romain, sous un soleil de plomb, un ciel azuréen, une journée estivale du mois d'octobre. La promenade débute derrière le château Saint-Ange, dans une rue au nom d'un illustre philosophe antique, dans le quartier résidentiel de Prati. Un immeuble au porche imposant, une façade couleur cannelle, des escaliers de marbre blanc. Une guest house aux airs d'appartement. L'impression soudain d'être déjà un peu Romaines. Il faut contourner le château pour gagner le Ponte Saint-Angelo, en jetant un air faussement blasé à la Via della Conciliazione qui sert d'allée d'honneur à Saint-Pierre qui semblait plus à gauche, donc*. Une première étape s'impose Via di Panico, chez un glacier où les parfums sont pensés pour inciter au péché de gourmandise... Un petit glacier, un peu confidentiel, loin des grands noms de la place romaine. Un petit glacier où le cappuccino défie tout entendement. Au coin de cette petite rue, la place de l'Horloge, et un visage connu, celui de Bruno, le gardien du Palais, chaleureux et accueillant. Notre identité romaine croît à chaque pavé... Nous nous sentons chez nous.

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Il faut ensuite parcourir la Via del Governo Vecchio qui recèle de bien précieuses adresses... Une pizza légendaire et les meilleurs panini de la ville - et du monde, cela va de soi. Quelques friperies. Et de jeunes designers. Un bar in. Et au bout, le Pasquino bavard en ces temps de berlusconades inlassables. La Piazza Navona sert de cadre à un déjeuner sur le pouce. Je salue Bernini, le Nil, le Danube, le Rio de la Plata, le Gange et les pigeons, et par le cours de la Renaissance, nous pénétrons dans la cour des Archives. Au fond, Sant'Ivo alla Sapienza qui provoque toujours chez moi une émotion palpable. La spirale se détache sur le ciel cobalt. Nous sommes seules. Seules dans cette cour. Et un peu seules au monde aussi. Sant'Ivo ne livre jamais tous ses secrets, Borromini fascine, et nous contemplons là tout son génie dans un presque recueillement. 

Le pavé romain se déroule sous nos pas comme un tapis, vers un nouveau plaisir des papilles, San Crispino, une institution. Et le parfum éponyme reste mon préféré. Le nez en l'air toujours, vers les anges suspendus, vers les volets entrouverts et les siestes clandestines, vers les façades décaties, les entralacs de câbles, l'effritement du crépis, vers le lierre qui ne fait qu'obéir à l'intraitable loi de la gravité, vers ces visages de Madone au coin de chaque rue. Sans trop savoir comment, au sortir d'une étroite ruelle, nous découvrons une perspective étonnante qui s'achève par les escaliers lointains de la Trinité, l'église et l'obélisque. Nous longeons le trottoir et des enseignes mythiques, croisons quelques silhouettes replètes de Cinquecento d'un autre siècle, et entrons avec une assurance toute parisienne chez Max Mara. Chacune ressortira avec un petit sac en papier au nom de la prestigieuse enseigne. La lumière rosit comme aux dernières heures d'un jour que nous n'avons pas vu passer. Une paire de ballerines aux couleurs de ce crépuscule qui m'est cher foule les marches du fameux escalier pour gagner la terrasse de la Villa Borghese et le Pincio. Nous restons rêveuses et le soleil s'engouffre dans la via Ferdinando di Savoia. Les palmiers deviennent esquisses à l'encre de Chine et le dôme de Saint-Pierre attrape chaque nuance d'une palette pastel.

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Et si le soleil se couche sur Rome, l'heure sonne aussi pour nous. Des airs de Cendrillons de la Dolce Vita.  Nous enfilons une tenue digne d'une nuit dans l'Urbs et d'une terrasse à l'ombre des étoiles, surplombant le toit rond du Panthéon et taquinant les volutes de Borromini. La terrasse de tous les possibles, et surtout le lieu d'un nectar secret, mousseux et frais, dont l'origine est vénitienne mais sa plus belle interprétation définitivement romaine. La Minerve. Nous savourons et le cocktail et l'instant. La douceur du soir et la douceur de vivre. Le bonheur brut. Et le goût de l'interdit : un petit four dérobé entre l'escalier qui mène au ciel et l'ascenceur.

Il est temps de retrouver les pavés et un nouveau défi s'impose : baptiser les semelles rouges, leur faire connaître la rue en choisissant ce pavé-là. Et l'idée germe en croisant une Vespa... Et deviendra fil... rouge, certo !

Ci vediamo domani !

* private joke

15 octobre 2009

Tre ragazze nella Città Eterna

Nous étions trois à nous envoler vers Rome il n'y a pas tout à fait une semaine encore. Une joyeuse équipée, le besoin de changer d'air, d'une dernière parenthèse avant d'entrer de plein pied dans l'automne et la rentrée. Le périple était prévu depuis plusieurs mois. Quelques épisodes vous ont déjà été narrés ici et ici, parmi les plus cultes du voyage. Nous partions avec une seule ambition clairement affichée : profiter de chaque instant. Alors voilà. Nous avons assumé un certain snobisme, avons traqué les Vespa et les Cinquecento pour en obtenir la plus large palette de couleurs, avons réinterprété les aventures du nain d'Amélie Poulain avec une certaine paire de chaussures et une bague très particulière, avons connu quelques extases gastronomiques, avons franchi la frontière de l'illégalité à plusieurs reprises, avons beaucoup ri, avons dû passer pour des sorties d'asile quelques fois, avons peu dormi, avons usé nos semelles sur le pavé romain, nous sommes déséspérées de l'inculture de certains de nos compatriotes, avons ressenti une certaine fierté vendredi soir en constatant notre incroyable capacité à marcher perchées sur 10cm de talon sur l'irrégularité de ce sol séculaire, avons rêvé de Cicéron et dormions dans la rue d'Horace, avons émis quelques doutes sur le chic naturel de certains personnages, nous sommes émerveillées devant l'élégance rare d'un homme à vélo, avons apprécié la modernité des ecclésiastiques et nous sommes lamentées que le temps s'écoule inexorablement. Trois jours. Trois tout petits jours...

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Pour le détail : suite dans les prochains épisodes !
Ci vediamo !