11.07.2008

Una giornata di ragazze !

Voilà. La semaine avec les enfants s'est achevée. Le grand a eu un début d'explication avec son père et comme à chaque fois, il ne décide de parler que quand ça ne va vraiment plus. C'est un petit garçon adorable d'ordinaire, et c'était la première fois qu'il se montrait aussi exaspérant avec moi. Cette semaine, il était un ange une heure par jour ! Il fallait profiter de cette heure-là ! Parler lui fait du bien et pendant les quinze jours de vacances à la mer avec son père -et sans moi, je considère qu'ils doivent se retrouver tous les trois, tout comme ça m'a fait un bien fou d'être à Rome seule ou de partir avec ma famille sur la Côte- va probablement lui permettre de vider un peu son sac.

En théorie, dans cette histoire, j'ai le beau rôle. Mon amoureux est divorcé depuis presque cinq ans et je ne suis dans sa vie que depuis trois ans. Je suis arrivée bien après la tempête. Et on a pris tout le temps nécessaire pour que ça se passe bien avec les enfants -petits quand je les ai rencontrés la première fois. Il ne fallait rien brusquer. Surtout avec notre différence d'âge. Je craignais ce qui allait m'arriver ! Et ce fut parfait. Mais les responsabilités que ça implique ressemblent à des montagnes parfois. Il faut parvenir à corriger le tir après les dégâts d'une mère inculte, égoïste et souvent méchante. Et ils ne sont pas à moi. L'éternel problème du juste équilibre. Au début, c'était plus simple avec le grand. Pas de risque d'identification, un rapport sain, des discussions toujours franches. Le petite faisait toujours le parallèle entre sa mère et moi. Piochant chez chacune ce qui l'arrangeait. Maintenant, elle pose beaucoup de questions pour comprendre qu'on soit deux êtres si opposés. Et elle se cherche au milieu de tout ce petit monde. J'ai passé deux journées pleines avec elle cette semaine, ça faisait longtemps que ça ne nous était pas arrivé. L'année avait été bien trop chargée.

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Mercredi, nous avions organisé une journée de filles. Mais mon homme nous a accompagnées un petit bout de temps. Le grand était avec son cousin, donc aux abonnés absents ! Madeleine à 12h30. Nous voulions affronter "Les soldats de l'éternité" à la Pinacothèque. Pas de réservations, mais un type au téléphone m'a dit que l'heure du déjeuner était creuse. C'est vrai. Pas la moindre attente. Et le prix de l'entrée rivalise avec la Galleria Borghese à Rome !

Quelques soldats gardaient l'entrée. Dès la première salle -l'exposition n'est pas très grande-, le ton est donné. Nous sommes au début de notre ère, dans les prémices de ce qui deviendra l'Empire du milieu. L'armée de terre cuite devait protéger le tombeau de l'empereur Qin, qui craignait de ne plus être en sécurité dans l'au-delà. L'ouvrage est impressionnant. Peu de soldats ont fait le voyage jusqu'à Paris, mais les voir de près est réellement stupéfiant. Il y a également beaucoup d'objets qui accompagnaient l'empereur dans sa tombe, des pièces de monnaie, de vases "plus vieux que les Romains" comme l'a parfaitement résumé la petite, des cloches rituelles, des armes. Et les soldats nous saluent à nouveau dans la dernière salle, un échantillon des différents grades et fonctions. Ces quelques hommes de terre sont déjà époustouflants et il me tarde d'aller un jour à Xi'an les voir en vrai... Ma mère y était quelques jours avant ma naissance, et j'ai longtemps porté un petit gilet de soie rebrodée qu'elle avait acheté là-bas. Il faut donc que j'y "retourne" !

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Après un déjeuner rapide, mon amoureux retournait travailler et notre journée de filles commençait. J'avais promis à la puce une paire de chaussures pour l'été si elle travaillait bien -le challenge était six A en trois semaines. Au début, ce devait être des ballerines chez Zara qui se sont révélées introuvables. Elle m'a alors bien fait comprendre qu'elle n'aurait aucun problème à oublier les ballerines puisque mes tropéziennes argentées lui plaisaient bien ! Direction la rue Saint-Placide dans le sixième. Essayage. Coup de foudre confirmé. Emballage. Et énorme bisou à la sortie ! Et elle dissertait sur ses nouvelles sandales, qu'on serait assorties, que ça irait drôlement bien avec les petites blouses que nous avions achetées il n'y a pas si longtemps, qu'elle serait la plus jolie à la plage !

Je pensais qu'elle serait fatiguée après tout ça. Et avant même que la question "Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?" ne se pose, elle se plante devant moi et elle dit "On avait dit qu'on irait voir les Parisiennes, on a le temps ?". Certo, carina mia ! Direction le Marais. Dans la rue Sévigné, avant le musée Carnavalet, la boutique Brontibay, et j'avais repéré sur Internet une pochette imprimée parfaite pour le mariage. L'occasion de la voir en vrai. Et de l'acheter.

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L'expo des Parisiennes de Kiraz est un enchantement. Ce sont les planches originales bien sûr, et on peut voir les corrections que l'artiste a apportées. On a beaucoup ri. Parfois, certaines vignettes étaient un peu compliquées pour la petite, mais avec deux ou trois phrases d'explication, l'affaire était réglée. Mises à part les toutes dernières planches en anglais, il n'y a rien de vulgaire. Et elle s'est amusée à commenter les vêtements, les voitures des années 1970 -"y'en a plus des comme ça aujourd'hui !"-, les visages... Elle était toute fière de constater que toutes les Parisiennes étaient très belles ! Nous avons vraiment pris le temps de tout lire, d'autant qu'il n'y avait pas foule... La seule petite déception était la boutique de souvenirs. Ils n'y vendent qu'un catalogue et trois affiches, pas du tout des plus jolies ou des plus drôles.

Et lorsque nous avons retrouvé mon homme, le premier commentaire de la petite à son père a été "C'était trop bien les Parisiennes", et de se dépêcher ensuite de déballer ses sandales !

Ci vediamo ! Baci !

08.07.2008

Parlare del naso...

Dimanche soir, après notre délicieuse après-midi de bloggeuses, j'allais au théâtre, à la Comédie Française... Une pièce que j'espérais voir depuis des mois, prise d'assaut l'an dernier, ma pièce préférée...

On ne présente plus son nez et les tirades cultes ponctuent toute la représentation. J'oscillais entre découverte émerveillée et souvenirs d'enfance.

Dix ans que je n'avais pas vu Cyrano. La dernière fois, c'était en janvier 1998, avec mon grand-père, et ma mère, à Chaillot, avec Francis Huster. J'avais été époustouflée. 

Dimanche, la magie a encore opéré.  J'avais une place d'orchestre, au cinquième rang. Je préfère être en corbeille, un peu plus en hauteur. Mais nous avions pris les billets il y a un peu plus de deux mois, c'était déjà presque complet, nous n'avions pas chipoté. J'attendais de voir le nez, comment serait-il ce nez ?! Petite, j'avais eu peur d'aller demander une dédicace d'un livre parce que je pensais que le comédien, Huster donc, avait vraiment un nez aussi grand...

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Et dès les premières minutes, nous étions tous embarqués dans l'oeuvre magistrale de Rostand. Quelques places plus loin, une petite fille venait pour la première fois au théâtre, c'était attendrissant. Les piques fusaient, le nez était immense, bossu et fier. Michel Vuillermoz est Cyrano, il est à couper le souffle, il a pris les traits du Cyrano de mon imagination. Son costume de velours orange fâné est celui d'un vieux livre d'images. Sorti tout droit du génie de Christian Lacroix. Les couleurs un peu passées donnent un cachet fou à ces personnages mythiques. Et tout leur onirisme. Roxane est sublime. Christian est beau.  

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Je guettais les vers de la "tirade des nez", de celle des "non merci", de celle du baiser... J'attendais la scène du balcon. J'aime la grâce et l'orgueil du poète, j'aime la précision de ses mots. Vuillermoz est vraiment incroyable. Ses "non merci" résonnaient comme jamais. Et si tous les comédiens avaient un talent immense, le sien était infini. S'attaquer à un tel personnage demande tant d'humilité... Il suffit de songer aux acteurs illustres qui l'ont incarné. Et d'abord à Jean Piat qui a marqué une époque. D'ailleurs, au tout début de la pièce, quelques noms ont été changé pour faire de jolis clins d'oeil. 

La mise en scène de Denis Podalydès était à la hauteur de sa réputation : magnifique. Un décor de rêves. Des idées fantatsiques. Une beauté indescriptible.  C'est surtout chez Raguenau que le décor est impressionnant. Les cuivres, les ustensiles, les volailles sont suspendius dans les airs dans un tableau digne des beaux-arts. Roxane vole, comme transportée par les mots doux dans la nuit. Les duels sont drôles et font rire toute la salle. L'idée même de la tragi-comédie est parfaitement rendue. Et dans le couvent, à la fin, les soeurs sont telles qu'on se les dépeint, avec leurs petits travers...  

On est sans cesse au bord des larmes. Et même en connaissant la pièce par coeur, la scène finale m'a fait pleurer... C'est tellement beau, fin, doux, fier... Et j'aime que le dernier mot soit "panache"... 

La pièce est jouée jusqu'au 31 juillet (mais c'est déjà presque complet) et est reprise en décembre. Je ne peux que t'encourager à y aller, mon cher lectorat. Si ce n'est déjà fait. J'y retournerai. Je veux absolument que mon amoureux et les enfants voient ça !

Baci ! 

08.06.2008

Avere tempo

Vendredi, comme prévu, en sortant de mon dernier partiel, je suis allée me délecter de sushis avant de découvrir l'exposition Goya graveur, au Petit-Palais, qui se terminait aujourd'hui... J'ai un faible pour le Petit-Palais, je m'y sens bien... Et commencer les vacances par lui était un pur bonheur.

L'exposition Goya était très réussie, donner la vedette aux gravures de l'artiste était une excellente idée, il y exprime des sentiments plus personnels, il y dénonce les difficultés de son temps, il se moque, il critique, il s'émeut. Ce sont les collections personnelles de deux mécènes qui y étaient présentées, les legs de Dutuit et du couturier Jacques Doucet. L'exposition s'articulait autour de plusieurs thèmes, et progressait dans le temps. La première salle était consacrée à ses inspirations, aux interprétations qu'il a faites d'oeuvres de Tiepolo et de Velasquez... On y retrouve des tableaux aussi célèbres que les Ménines, grandes comme un feuillet A4, et la toute première gravure de Goya, La Fuite en Egypte, un format minuscule et attendrissant, des lignes claires, et encore pleines de timidité.

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Viennent ensuite les célèbrissimes Caprices,  dans lesquelles l'artiste caricature les moeurs de son temps. J'en connaissais déjà une partie... Certains inspirent un certain dégoût... D'autres amusent et font sourire... Tous sont bourrés de symbole, et j'ai parfois trouvé que les explications manquaient... J'aurais aimé déchiffrer avec un peu plus de précision la signification de certains éléments... 

Une petite salle est ensuite dédiée à l'explication du procédé de gravure, permet de distinguer l'eau-forte et la lithographie, et met en évidence les différentes étapes de la création, les plaques de cuivre de tirage, la "presse".

Ensuite, le thème devient plus dur, sur les Désastres de la guerre, contre les armées napoléoniennes... Les traits sont violents, comme pour brosser un portrait de toutes les horreurs que les Espagnols ont subies et exalter aussi leur courageuse résistance. Goya voulait témoigner, ancrer ces douleureux événements dans la mémoire... Cette salle prenait aux tripes et les dessins étaient presque douloureux.  Ces gravures sont des prolongements plus poignants et plus immédiats des très célèbres Dos de Mayo et Tres de Mayo.

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Les salles suivantes étaient consacrées aux traditions espagnoles et plus précisément à la Tauromachie. Ces dessins sont de véritables encyclopédis illustrées de l'évolution de la corrida, de ses origines -que Goya attribue aux guerriers maures- à sa version presque actuelle. Il présente des personnages aussi célèbres que Pepe Hillo ou Pedro Romero qui ont contribué à codifier ce qui n'était jadis qu'une pratique de chasse avant de devenir un "sport" aristocratique.

Enfin, la dernière salle strictement consacrée aux oeuvres de Goya présentait des eaux-fortes totalement inconnues, les Disparates, des représentations oniriques et/ou fantastiques. On ouvrait une porte sur l'imaginaire le plus profond de l'artiste, sur ses fantômes et ses craintes.  C'était très impressionnant !

L'ultime salle de l'exposition mettait en scène les artistes de la fin du XIXème siècle qui eux aussi s'étaient essayés aux eaux-fortes en s'inspirant de l'illustre peintre espagnol, et Delacroix y était particulièrement bien représenté.

Goya est un de mes peintres préférés, ses tableaux au Prado m'avaient émue aux larmes la première fois que je les avaient vus... Et me retrouver en tête-à-tête avec lui pour le premier jour de mes vacances, c'était extraordinaire...

Baci a tutti ! 

 

19.05.2008

Il Piccolo Palazzo

Dimanche. Une matinée à se remettre d'une semaine éprouvante et d'un samedi marqué par une contrariété "grognassante" et une soirée foot forcée... !

Dimanche, donc. Entre petit-déjeuner 5* préparé avec amour par mon homme -j'aurais dû prendre une photo de la table... Tartines, fruits, bacon et oeufs à la coque... !- et émissions "art de vivre" sur Paris Première, il y avait de quoi démarrer une journée idéale en douceur. Nous avions prévu une balade à Paris, et hésitions encore entre Musée Rodin et Petit Palais. Mais le Musée Rodin avec un temps incertain, cela n'a plus de sens. Ce fut donc le Petit Palais, dont je n'avais encore jamais visité les collections permanentes, mise à part la salle Art Déco. Au départ, nous avions pensé visiter l'expo "Goya graveur". J'adore Goya. Et je te recommande très très vivement le film que lui avait consacré Carlos Saura il y a quelques années, un véritable chef-d'oeuvre.

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L'ennui, c'est que nous n'avions plus un centime de liquide et que la machine à carte bleue était en panne. Donc, nous nous sommes consolés avec les collections permanentes, et gratuites. J'ignorais tout des oeuvres qu'abrite le Petit Palais. Quand je me suis retrouvée nez à nez avec un magnifique Monet, aux accents d'Impression soleil levant, j'ai été toute émue... Mettez-moi un soleil orange au milieu d'un tableau, et vous ferez mon bonheur ! Mon amoureux et moi sommes restés quelques instants devant ce paysage envoûtant... Il y a quelque chose entre Monet et nous... ! Déjà, à la Royal Academy, à Londres, nous étions restés en extase devant un Monet incroyable...

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Le Petit Palais est un musée très agréable pour déambuler comme dans une maison inconnue dont nous aurions les clefs... Les pièces dédiées à l'art sous Louis XV et Louis XVi sont également très intéressantes, avec des meubles échappés des Antiquaires du Louvres et des porcelaines colorées comme des friandises. Il y a deux sculptures de Rodin, venu nous faire un clin d'oeil pour nous convaincre d'aller lui rendre visite le plus vite possible, et des tableaux qui m'ont nettement moins plu, de Maurice Denis notamment, plus proches de la pub pour du savon que de l'art... !

La boutique est aussi très inspirante avec sa quantité impressionnante de livres d'art... J'aurais tout acheté ! Mais surtout, j'ai repéré UNE chose que j'achèterai pour fêter mon emménagement avec mon homme, à la rentrée... Un paillasson où il est écrit "Mon Petit Palais" ! C'est si chic et tellement fin, je trouve ! Un peu d'humour à l'entrée de chez soi, ça ne peut pas faire de mal... !

Mais ce que je préfère au Petit Palais, c'est le péristyle et le jardin intérieur... Un régal pour profiter d'un rayon de soleil, le seul de ce dimanche un peu morne... Pour prendre quelques photos et pour apprécier la douceur de vivre...

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Notre promenade s'est achevée par une traversée du Pont Alexandre III et une flânerie le long de la Seine... Avant de gagner l'avenue Marceau via la rue François Ier et ses jolies vitrines... !

L'après-midi a ensuite été consacrée à une rationnalisation du voyage en Sicile, pour établir un plan de route intelligent, avec le moins de perte de temps possible, et des étapes dans des villes agréables. Parce que pour l'instant, ce que j'ai pu repérer des hôtels en Sicile, c'est une politique commune : des prix exorbitants, une décoration atroce et des services au compte-goutte. Et comme nous sommes contraints, pour des raisons de vadrouille intensive, de faire des arrêts dans des lieux relativement inintéressants, comme Milazzo, par exemple, d'où partent les ferries pour les îles Eoliennes, il faut ruser... Parce qu'une nuit à 168€ à Milazzo, non ! Mais peu à peu, nous arrivons à un itinéraire satisfaisant...

Et la semaine commence... !

Baci a tutti !

15.05.2008

Le meraviglie

Une nouvelle exceptionnelle, avant tout, qui peut-être ne t'aura pas échappé, mon cher lectorat ! Un buste de César, grandeur nature, a été découvert dans le Rhône, en Arles ! C'est une nouvelle extraordinaire parce qu'un tel buste, de César âgé, représente une pièce unique au monde ! La statue date de 46 avant J.C. et a donc été faite de son vivant. Les plongeurs ont également découvert une statue de Neptune en marbre, d'1,80m de hauteur !

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Tu sais à quel point j'aime l'histoire romaine, et en particulier l'effritement de la République, et cette nouvelle me ravit ! J'ai encore un peu de mal à y croire !

Et voilà... J'avais plein de choses à te raconter et cette drôle de nouvelle est venue bousculer tous mes plans... Et je ne sais plus vraiment quoi écrire... Parce qu'embrayer sur les éventails, Cannes ou ce qui reste sur ma shopping list, après César, ça fait doucement ridicule ! L'ennui, c'est que je ne suis pas certaine qu'une note entière sur César te passionne... La dégringolade de la République, le dernier des ambitieux et ses ambiguïtés, voilà qui serait pourtant un beau sujet... !

*****

Mais sans César, la planète tourne toujours ! Je te parlerai de fanfreluches un autre jour, aujourd'hui, je voudrais t'emmener là :

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"Imaginez les colonnes de nuages au pied des arcs-en-ciel, éclatant dans le rugissement perpétuel de la cataracte". Ce sont les mots du docteur Livingstone, le premier occidental à traverser l'Afrique de part en part en 1865, pour décrire les Chutes Victoria, que les indigènes appelaient "les fumées grondantes".

Les Chutes Victoria... Le joyau de l'Afrique australe... La frénésie dantesque du Zambèze nourrit mes rêves depuis la petite enfance... C'est là que je voudrais partir en voyage de noces quand je me marierai... Cette endroit est mythique ! Trois semaines ou un mois, même, quelque part entre la Namibie, l'Afrique du Sud, le Botswana, le Kenya et la Tanzanie... Tous ces pays me fascinent, et je ne parvient pas à me décider pour l'un d'entre eux... La seule escale dont je sois absolument certaine, ce sont les Chutes Victoria... Leur nom suffit à me donner la chair de poule...

Je voudrais un long périple pour découvrir un continent qui a vu les premiers pas de l'humanité... Je voudrais voir ces espaces infinis, cette lumière dorée qui inonde les photographies, la diversité des paysages et l'immensité d'une nature intacte. Moi qui aime tant les vieilles pierres, pour ce voyage-là, je voudrais vraiment découvrir une terre inconnue, qui ne ressemble à rien de ce que j'ai déjà vu... Et que mon amoureux n'aurait jamais foulée !

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Une grande première fois...

Je voudrais tout voir... Le Cap, pour aller aux confins du monde, le delta de l'Okavongo, entre l'oasis aquatique et le désert, les dunes de la Namibie, et le Kenya, surtout pour le Kilimandjaro et Zanzibar... Mais il faudra choisir...

Avec pour jalons du voyage, ces noms prestigieux, comme figés dans une douce éternité... Le Rovos Rail, pour passer sur le pont, devant les Chutes... Le Royal Livingstone, où le temps n'a plus d'emprise, et où la douceur de vivre atteint tout son sens... 

Et encore quelques années pour y penser...

Mi piace tanto sognare !

11.05.2008

Una storia quasi finita...

Je suis sur un nuage.

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Les journées se suivent et chacune m'enchante. Hier, ma matinée avait été très productive pour une recherche que je dois rendre dans dix jours et j'avais même pu me mettre en maillot au soleil, assise sur le rebord de ma fenêtre pour lire mes documents et dorer en même temps. Pour la première fois de l'année, je me suis tartinée de crème solaire et j'ai senti son parfum délicat de vacances, et de Méditerranée sur ma peau.

Et, hier, j'ai passé une journée "de filles" avec ma mère comme cela faisait bien longtemps que ce n'était arrivé. Nous avions rendez-vous chez le coiffeur, en face du Bon Marché, pour rafraîchir tout ça avant l'été. Mes cheveux étaient trop longs, sans forme, et s'étaient beaucoup abîmés depuis un mois, ils avaient vraiment besoin d'un petit coup de fouet. Et ma coiffeuse est un génie ! Elle est la seule à comprendre ce que je veux, la coupe avec laquelle je me sens bien, qui se remet en place toute seule le matin, avec une mèche sur le front, mais que je peux coincer derrière l'oreille pour ne jamais l'avoir dans les yeux...  L'alchimie parfaite !

Et hier, en sortant de chez le coiffeur, nous devions passer chez miu miu. C'était prévu depuis longtemps, pour retourner voir la robe, éventuellement la commander, la réessayer, être bien sûre de la couleur, demander à la mettre de côté. Y aller pour du plus concret et pas juste pour baver devant comme je le fais depuis des semaines ! Mais comme vendredi, avec Elwind, je ne l'avais pas vue, je paniquais un peu de ne plus la trouver...

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L'image n'a rien à voir... Mais elle me plaît !! Et ça te repose les yeux dans ce texte sans fin !

On entre, on file à l'étage, je la montre en écru à ma mère, et en la revoyant, l'écru ne me plaît plus vraiment. La vendeuse, si gentille, que j'avais rencontrée la première fois arrive. Nous lui demandons s'il ne resterait pas, par hasard, cette même robe en rose poudré. Antico, s'appelle la couleur. Elle me l'avait noté.

Elle s'éclipse en réserve. Et me demande de loin : "Vous faites quelle taille ?". "Du 36 français, le 40 italien". Elle revient en souriant. Avec LA robe à la main. "C'était la dernière, elle vous attendait".

Je la soupçonne de l'avoir mise de côté avec l'arrivée des beaux jours, à force de me voir revenir. Elle m'avait dit, en mars, que c'est un modèle qui ne partirait pas tant qu'il ferait mauvais. Mais avec le soleil de ces derniers jours, plusieurs modèles ont été vendus. Je vénère à vie cette vendeuse !! Dans l'immense cabine dorée comme un oeuf de Fabergé, j'essaie la robe en rose et en écru. Et il n'y a pas photo. La rose a un ton si particulier, entre le grège et le poudre, si délicat... Et avec ma peau qui commence doucement à dorer, elle fait un effet encore plus joli que quand je l'avais essayée à Megève. Et en août, après deux semaines de plage, je n'ose imaginer ! La vendeuse me complimente -mais c'est son métier- avec un air presque attendri. Elle me répète que j'ai eu de la chance. Mais m'assure aussi qu'elle aurait appelé toutes les boutiques du monde pour me la trouver si elle n'était plus à Paris. Ma mère acquièce. "Ce sera ton cadeau d'anniversaire, alors ? Tu es sûre et certaine" "Oui, oui, oui, oui ,oui !!!!". Dans la cabine, en l'enlevant, je saute comme un cabri.

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En sortant, j'ai mon grand sac rose à l'épaule, j'exulte, je remercis, je sautille. Je n'aurai pas le droit de la sortir de son paquet avant mon anniversaire. Il faut donc que tu te contentes de ce sac, pour l'instant ! Mais la savoir chez moi me rassure tant !

Et la journée n'était pas terminée !

Ensuite, nous sommes allées à l'exposition Marie-Antoinette, au Grand-Palais. Nous l'avons visitée dans des conditions optimales, le soir, les salles étaient presque désertes et nous avions deux heures devant nous avant la fermeture. J'avais un peu tout entendu sur cette exposition et j'étais très curieuse de la voir. Je ne voue aucun culte à Marie-Antoinette, elle ne me fascine pas, et si j'ai aimé le film de Coppola, elle n'en est pourtant pas devenue mon icône. Pourtant, cette femme m'intrigue. Je lui reconnais un intérêt historique évident, même si le XVIIIème n'est pas ma période de prédilection. Et j'étais curieuse.

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Le décor imaginé par Robert Carsen m'a époustouflée. Rien que pour ça, l'expo vaut le détour ! L'enfilade de portes, les différents temps de sa vie, les couleurs... C'est extraordinaire, une telle mise en scène ! Même Mélancolie n'avait pas fait aussi bien ! L'exposition m'a touchée. Parce que j'y ai vu des documents que je n'ai pas l'habitude de voir et auxquels je ne m'attendais pas. Le registre paroissial de Versailles dans lequel est inscrit le mariage, un dessin attribué à Marie-Antoinette, son missel griffoné avant sa mort... Et des objets très émouvants aussi, comme sa chemise de la prison du Temple, ou le coffre à layettes offert pour la naissance de son fils. Je n'ai pas appris beaucoup de choses sur elle, sa vie est si connue, si décortiquée, qu'il ne faut pas s'attendre à y découvrir un scoop. Enfin, j'ignorais toutefois que Gluck avait été son maître de musique ! Mais l'enfilade des salles à le mérite de nous permettre d'humaniser le personnage, de mieux en cerner les mille facettes grâce à des éléments concrets, des objets sauvés, miraculés de la Révolution, qui ont traversé les siècles et les régimes.

Et penser que sur ce bout de papier, c'est la plume de Marie-Antoinette qui a écrit, voilà qui me donne des frissons !

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Photo : Café Mode.

En sortant, dans la boutique, j'ai acheté un miroir jeton, des cartes postales et l'album de l'expo. J'ai regardé les nappes et les torchons avec attention, j'en avais déjà acheté un à Fontainebleau, mais aucune des autres couleurs ne me plaisait ! Et pour ce qui est des éventails -et pourtant, je les collectionne !-, j'avais un peu de mal à me dire que la femme représentée dessus avait perdu sa tête... ! 

La journée, enfin, la soirée, puisque nous sommes sorties du Grand Palais à 22h, s'est achevée dans un petit restaurant japonais de la rue Monsieur le Prince dans le sixième, avec des sushis, naturellement !

Je te souhaite une excellente après-midi de dimanche, mon cher lectorat, et un très beau lundi de Pentocôte... ! 

Baci a tutti !