23.07.2008
Il risposo
Depuis mon arrivée dans le sud, je n’ai pas vu les journées filer.
Les premiers jours m’ont conduite dans une cave à deux pas du fort de Bregançon, où nous avons pour habitude d’acheter chaque année quelques bouteilles d’un excellent rosé qui nous rappellera les vacances jusqu’au prochain été.
Et comme chaque année, je suis aussi allée faire mon traditionnel pèlerinage à Saint-Tropez, à quelques encablures de la maison, où j’adore aller flâner, près de l’église, dans les ruelles… La place de l’Ormeau offre une ombre salutaire et la petite boutique de chapeaux me fait toujours rêver… Saint-Tropez m’inspire, j’aime les contrastes de ce village provençal devenu un lieu de villégiature pour milliardaire en mal d’occupation et d’originalité. Un dédale de maisons bigarrées pour tromper l’ennui, comme un cachet des vacances « qu’il faut avoir ». Mais Saint-Tropez, c’est bien plus agréable que cette litanie d’excès, de ces rôles partagés entre ceux qui viennent se montrer et ceux qui viennent regarder. J’aime le secret des rues étroites, des bougainvilliers qui grimpent le long des façades ocres, les figuiers qui poussent au coin d’une vieille bâtisse, le linge qui sèche paresseusement sous les fenêtres, et les persiennes vert céladon.
J’aime regarder les vitrines, j’aime que ces minuscules avenues prennent des airs de la Montaigne. Et je file toujours chez Marinette pour la maison. Cette fois-ci, j’ai acheté des maniques et un tablier assortis à une nappe acquise l’an dernier. J’avais mes petites habitudes chez Coulon, mais le glacier a fermé et je ne parviens pas à me résigner et à faire la queue chez Barbarac. Alors pas de glace cette fois-ci. Juste une promenade le long de la Ponche, les pieds dans l’eau. Et un retour par le port, parce qu’il faut bien y passer pour gagner le Papagayo et sa terrasse ombragée. Il fait trop chaud chez Sénéquier.
Les vacances sur la Côte, c’est un rythme qui oscille entre journées de farniente en compagnie de magazines de décoration et petits carnets, guide de la région et roman de « chick litt » et d’autres plus trépidantes qui m’embarquent dans des endroits secrets, dans le massif des Maures ou même un peu plus loin…
Ma ti lo raccontero’ una prossima volta…
23:24 Publié dans Le passegiatte, Tutto bene, grazie ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.07.2008
Cosa faccio ?
Depuis lundi, je m'occupe comme je peux des enfants de mon homme. Normalement, ce sont des moments formidables, toujours pleins de joie. Mais là, grâce à leur Grognasse de mère (et pour des raisons que je n'évoquerai pas ici, mais qui les touchent au premier chef), ils sont déprimés, tristes et pour l'aîné, passablement insupportable. Je le connais, c'est le seul moyen qu'il a trouvé pour nous faire comprendre que quelque chose clochait.
Alors j'essaie de leur changer les idées. De leur montrer du pays... Pendant ces quelques jours où nous sommes tous ensemble. Mais j'ai parfois un peu l'impression d'être un punching ball sur pattes et de devoir encaisser les conséquences d'événements sur lesquels je n'ai aucune prise... Dur. Du coup, je me sens un peu perdue... Est-ce qu'après l'emménagement commun, en septembre, le quotidien ressemblera à ça ? Enfin. Quelques interrogations en perspective.

Lundi, nous sommes allés au Musée Guimet. La petite était enchantée. Le grand ne voulait que faire du shopping chez American Apparel. C'est fou ce que la 6ème et une mère idiote peuvent vous changer un gamin. Le Musée Guimet l'ennuyait parce qu'"il n'y a rien de connu dedans". Il y avait un peu de queue pour entrer à cause de la sécurité. Soupe à la grimace. Heureusement, le Musée Guimet est prévoyant, et a élaboré des petits livrets pour les enfants, très didactiques et bourrés de jeux. Ouf ! Comme les espaces sont magnifiquement agencés, la visite fut très agréable, surtout pour la petite qui me montrait sans cesse des dieux avec mille bras, des serpents à 7 têtes, de la vaisselle "plus jolie qu'à la maison" ou des statuettes chinoises de danseuses et de musiciennes. Elle était aux anges. Sans parler des dessins chinois et japonais qui l'ont transportée. Pour éviter d'entretenir un agacement chronique, je ne mentionnerai pas l'attitude de l'aîné. Pour me consoler, je peux me dire que c'est passager et que les vacances avec son père vont nous rendre notre petit M. adoré et gentil et toujours intéressé par ce qui l'entoure.

Hier, le cousin germain des enfants est arrivé à la maison pour quelques jours, et les deux garçons restent ensemble. La petite et moi nous sommes organisées deux journées de filles ! Hier, nous sommes allées ensemble au marché Saint Pierre, choisir du tissu pour les étagères de la cuisine. Et c'est vers un adorable liberty que notre choix s'est porté. À l'unanimité ! Puis nous sommes parties faire l'ascension de Montmartre. La puce ne connaissait pas et ça faisait des années que je n'y étais pas venue. Après les grands escaliers, nous nous sommes engouffrées dans des petites rues bondées de touristes, sommes restées longtemps à admirer la vue sur Paris, et avons même acheté un magnet pour le frigo et un porte-clef pour mon amoureux. Comme de vraies touristes. Et pour redescendre, nous avons joué les flemmardes et pris le funiculaire !
La journée s'est achevée sur un bon goûter. Et elle m'a même gratifiée d'un "Tu sais, ça va mieux !".
Et aujourd'hui, nous allons défier l'armée enterrée de Xian, à la Pinacothèque de Paris... !
Ciao tutti !
09:51 Publié dans Le passegiatte, Parigi, amore mio !, Sono io... | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : paris, histoire, montmartre, musée
04.07.2008
Sulla terrazza...
L'air de cette soirée d'été se prête à la rêverie, et aux confidences. Aujourd'hui, je t'emmène boire un verre sur la terrasse d'un hôtel enchanteur, à deux pas du Panthéon, avec une vue splendide sur les clochers de la ville.
Il est dix-neuf heures, la journée a été riche en émotions, et en découvertes. L'éléphant qui soutient l'obélisque est toujours aussi rieur et détonne devant la façade rude et austère de l'église Santa Maria Sopra Minerva, celle-là même qui abrite Sainte Catherine et Sienne et des fresques de Lippi. La place est calme, à deux pas de celle de la Rotonda, animée en permanence et envahie de touristes. Ce soir, un goût de luxe pur.
Le palais qui abrite cet élégant palace date du XVIIème siècle, et l'hôtel peut se targuer d'en être un depuis la fin du XVIIIème. La façade est éclairée d'une douce lumière qui se fond dans le décor et la porte à tourniquet nous transporte hors du temps. Le salon extrêment raffiné rassure. Quelques riches américains se délectent d'une coupe de champagne en lisant le Herald Tribune. Mais ce n'est pas pour cela que tu es là. Les salons, il y a les mêmes à Paris, ou presque. Peut-être plus intimes encore !
L'ascenseur t'emmène jusqu'au sixième, et un couloir feutré s'ouvre devant toi. Une flèche indique "Terrazza", quelques marches à gravir et tous les toits de Rome paressent à tes pieds. Tu es sur celui, deux fois millénaire, du Panthéon. le serveur, affable, te conduit vers une table au bord de la balustrade en fer forgé, pour que tu puisses profiter de cette vue unique. L'atmosphère a ce je-ne-sais-quoi de magique des moments exceptionnels. Les bars de grands hotels pourtant n'ont rien d'impressionnant, ce sont des havres tranquilles, loin de l'agitation citadine. Mais celui-ci domine la Ville éternelle.
Les cocktails se bousculent sur la carte. Une astérisque mentionne "in stagione" pour le Bellini. C'est donc que les pêches sont fraîches. Ton choix est arrêté. En Italie, les Bellini n'ont pas la même saveur. Ils sont plus frais. Presque frappés. Un délice absolu. Des petites assiettes gourmandes arrivent. L'art de l'apperitivo. Quatre mini bruschette... Des petites tranches de pain de campagne grillé, des tomates émincées, un filet d'huile d'olive, et une feuille de basilic. Toutes les vacances dans une bouchée. Des olives vertes et noires. Enormes ! Et des petites croquettes, fourrées de viande et d'une olive verte.
Les verres arrivent. Les lèvres trempent dans ce savant mélange de spumante et de jus de pêche. Ici, ce n'est pas du champagne. Mais Dieu que le résultat est ennivrant ! Une fine mousse vient te chatouiller la moustache. Le bonheur, c'est peut-être ça. Tu rêves de revenir ici avec ton amoureux. Et tu te laisses emporter par la vue, par le soleil de la fin de journée, par les mélodies au piano qui conquièrent la terrasse.
Les rayons du tramonto, le crépuscule, caressent le clocher fou de Sant'Ivo alla Sapienza. Et les mouettes somnolent sur le Panthéon. Les toits de Rome prennent ces couleurs si particulières, orangé, lavande, ocre, terracotta, cannelle... Le soleil se couche avec art ici. Une toile impressionniste. Et de quoi rêver pendant des mois davant ces photos...
Spero che vi sia piaciuto quell'apperitivo insieme... Ciao cari ! Ci vediamo presto ! Baci...
10:31 Publié dans Le passegiatte, Roma, amore mio !, Tutto bene, grazie ! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : rome, dolce vita, bellini, terrasse, luxe, voyages, italie
03.07.2008
Andiamo su !
Un soleil de plomb. Une après-midi de canicule et pas un souffle d'air. Les mouettes prennent soudain des allures de charognards au dessus d'un désert plus beau que tous les autres. Une présence familière et rassurante se découpe sur l'horizon, sur l'autre rive du fleuve. De tous les sommets des collines, elle est là. Et appelle au défi.
En empruntant ce merveilleux pont, où les silhouettes des anges se détachent du ciel, elle prend un air solennel et majestueux. La rue, comme un tapis rouge, s'ouvre devant elle. C'est un rêve un peu fou. Surtout par cette chaleur. Il fait près de 40°C à Rome, c'est l'heure la plus chaude de la journée. Sur la place Saint-Pierre, le soleil tape sans ménagement et la queue pour entrer dans le Vatican prend des airs de barbecue. Un éventail est salutaire mais insuffisant. Et les fontaines sont bien trop loin pour pouvoir se mouiller la nuque. Un flots continuel de touristes se déversent vers les portiques de sécurité. Mais ont-ils tous la même idée...
Une flèche indique "Cupola". Personne ne semble la suivre. C'est avec un air conquérant que tu achètes le billet -très cher : 7€ !- au petit guichet. Cette ascension-là semble bien plus grisante que l'Everest... La première partie se fera en ascenseur. Et tes mollets souffriront bien assez après. L'ascenseur ressemble à celui d'un hotel international, grand, une lumière tamisée, et un machiniste muet. Il ne répond pas au "Buongiorno" que tu lui as adressé.
La terrasse. Tu t'y atarderas plus tard. Quelques escaliers s'ouvrent devant toi, que tu grimpes avec entrain. Une petite porte... Et la splendeur t'accueille. Tu es tout contre les mosaïques qui ornent les flancs de la coupole de la plus grande basilique du monde. La vue est vertigineuse. Les motifs sont sublimes. Des anges, comme si tu avais atteint le ciel. Des couleurs crepusculaires. Tu serais volontiers restée plusieurs heures devant ce travail fou, cette précision inouïe et cette grâce spectaculaire, mais l'ascension t'attend. Quelques 320 marches.
L'escalier est étroit. Si étroit qu'il te semble soudain y avoir bien plus de monde que quand tu es montée. Et les parois sont carrelées. Avec cette chaleur, et la promiscuité, les gens suent, leurs mains sont moites, et les murs aussi. L'odeur est intenable et à chaque lucarne que tu rencontres, tu inspires assez d'air pour tenir jusqu'à la suivante. L'escalier emprunte la forme de la coupole, il s'incurve. Les marches deviennent presque celles d'une échelle. Et cette femme avec un immense sac-à-dos manque de t'éborgner en permanence. Tu pourrais donner un coup de talon dans le ventre de celui qui te suit. Cette ascension n'est pas une promenade de santé.
Soudain, les escaliers s'élargissent. Ils semblent tout droit sortis d'une industrie siderurgique, en métal et avec une rembarde rouge. C'est laid. Beaucoup se sont arrêtés en route pour reprendre leur souffle. Pas toi. On ne sait jamais que tu ne puisses plus repartir après. Il fait une chaleur folle, et tu sens la transpiration rouler le long de ta colonne vertébrale. Ta bouteille d'eau est vide. Et ce n'est pas là haut que tu trouveras une fontaine.
Tu ignores la vue que tu vas trouver. Tu ignores même pourquoi tu tenais tant à grimper à cette gloriette. La volonté de faire quelque chose de spécial. Peut-être. Les escaliers s'évanouissent entre deux immenses colonnes de pierres. La gloriette est étroite et tu tardes à découvrir la vue. Un groupe de touristes allemands prend beaucoup de place et ils parlent fort. Tu te faufiles jusqu'à la balustrade.
Et là. Une vue à couper le souffle s'étend devant toi. Tu es juste au dessus de la place Saint-Pierre, juste au dessus de l'enfilade de colonnes du Bernin. Et même si tu connaissais cette image pour l'avoir aperçue maintes fois sur des cartes postales, l'avoir sous tes propres yeux, en vrai, en relief, avec l'impression folle de dominer toute la ville, c'est indescriptible ! Les bras de l'Eglise... Et des pélerins qui viennent se blottir entre eux.
La Ville éternelle semble assoupie sous le soleil brûlant de l'après-midi. Et elle s'étire devant toi, de chaque côté du Tibre... Tu n'aurais jamais imaginé une telle impression avant de grimper là haut. Tu n'aurais jamais soupçonné ce sentiment grisant d'avoir touché le ciel. Rome tiendrait dans ta main. Tu restes longtemps accoudée, à admirer le paysage, à rêver au dessus de la ville, à imaginer des histoire secrètes dans le dédale des rues. Tu profites de la brise légère qui caresse le sommet de la coupole et qui est inexistante, en bas. Tu ne voudrais pas descendre. Les gens parlent et s'émerveillent. C'est une grande première pour tout le monde. Et les regards sont enfantins.
La descente se fait plus légère, plus calme, les yeux pleins des images merveilleuses découvertes quelques instants auparavant. On arrive à la terrasse, juste derrière les immenses statues qui ornent la façade. Il y a une fontaine pour remplir ta bouteille et même une boîte aux lettres ! La vue y est encore impressionnante. Tu lèves la tête pour regarder cette gloriette où tu viens de monter. Elle semble énorme vue du dessous. Tu te rapproches du bord, au plus près des statues. Un grillage empêche de s'approcher davantage.
Tu arrives ensuite dans une nef latérale de la cathédrale. En levant les yeux, tu prends soudain conscience des magnifiques mosaïques qui veillent sur toi. Tu te promènes dans la nef centrale, encore un peu sonnée, et tu profites de la fraîcheur. Toutes tes vieilles connaissances sont là, comme pour te rappeler que tu connaissais déjà cet endroit. Les touristes sont comme des essains d'abeilles perdues... La Pietà est plus photographiée que la plus célèbre de nos stars de cinéma. Elle incarne la perfection... Tu erres dans la basilique, des bénitiers au baldaquin. L'intérieur est toujours aussi impressionnant, mais tu es bien trop rêveuse encore pour en parler...
Tu sors de la basilique, c'est la relève de la garde... La Via della Conciliazione te remmène vers Rome, vers chez toi, et laisse dans ton dos cette drôle d'ascension. Tu regardes avec une immense fierté le petit ticket orange, peut-être la plus jolie pièce de ton carnet de voyage... Tu retraverses le pont, et te retournes encore. La coupole dresse toujours sont imposante silhouette sur la ville.

Elle n'aura plus tout à fait la même place dans les panormas... Tu la regarderas avec complicité et même un rien de tendresse, de t'avoir fait vivre une telle expérience. Le soir même, tu iras écouter un concert de jazz dans les jardins splendides de la villa Médicis. Le soir même, une vue ennivrante de la ville s'offrira à toi. Et le soir même, tu regarderas cette coupole, avec un air satisfait, et des étoiles plein les yeux...
10:43 Publié dans Le passegiatte, Roma, amore mio ! | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : rome, italie, dolce vita
02.07.2008
Una giornata d'estate...
Parfois, la vie semble légère, douce et onirique. Je profite de ces instants privilégiés... J'en m'en délecte... Mes pieds ont l'air de flotter dix centimètres au dessus du sol, j'ai du temps, le soleil est là, et mon esprit est tranquille... Alors aujourd'hui, je t'emmène te promener, pour savourer cette journée d'été...
Quelque part dans le monde... Le ciel bleu, des façades bigarrées et des jardins suspendus sur les toits... Des vagues de fleurs mauves courent le long des balustrades, les rayons du soleil viennent chatouiller les clochers de marbre blanc, imaginés quelques quatre siècles plus tôt par des génies renaissants. Dans les rues, l'été bouillonne... Des passants errent devant des monuments séculaires, et les voient sans vraiment les regarder... Chaque jour à la même heure, ils traversent cette place où les touristes affluent, plus tard dans la matinée, pour aller travailler... Agrippa veille. Et la Sagesse s'enroule au dessus des toits...
Un peu d'avance, et le temps de prendre un petit déjeuner en terrasse, sur un bout de trottoir... Une institution, une habitude... Le grancappuccino. Les degrés grimpent, et la ville s'étire sous le soleil matinal. Le journal annonce des températures caniculaires... Une blouse aérienne et salvatrice, pour laisser passer la brise, et couvrir les épaules... Un petit morceau de coton vaporeux et faussement sage, des fines rayures, un soupçon de soie... De quoi profiter de la journée sans suffoquer...
Les terrasses attirent le regard, comme autant de jardins de Babylone, invitent à la paresse dans une douce torpeur. Mais les rues de la ville se déroulent sous les pieds, pour se révéler, pour dévoiler des places méconnues, des joyaux secrets, une harmonie parfaite au fond d'une cour à l'entrée bien sombre...
La ville ne montre ses trésors qu'à ceux qui les cherchent... Alors, au file des vicoli, on joue aux explorateurs en herbe... Les immeubles s'entremêlent dans un joyeux chaos, une vespa bleu marine dort au soleil et son propriétaire étend son linge à la fenêtre... Le sud... Le bonheur simple et l'odeur grisante des draps blancs fraîchement lavés qui sèchent aux balcons... Les rayons plongent dans la cour. Et le chemin se poursuit...
Les fontaines chantent leur continuelle mélodie et rafraîchissent le badau... Quelques goutes dans la nuque, et sur le front... Des ruelles étroites, abritées du soleil, des églises discrètes derrière de grands murs austères... Un obeslique et un éléphant... Et en poussant la porte, pour un peu de repos, et de fraîcheur aussi, des fresques de Lippi... Un enchantement. Des anges, le bleu de la Méditerranée, une grâce indicible... Piazza della Minerva... Une adresse bien solennelle pour Saint-Catherine de Sienne. Elle partage la tache de protéger la Botte avec Saint-François d'Assise.
En traversant le Corso de l'omniprésent souverain, le ghetto... Un havre de tranquillité, un condensé de charme, et la douceur de vivre. Sur une petite place, on réapprend la lenteur avec d'adorables tortues... Kundera serait ravi... Des touristes allemands trempent le bout de leurs orteilles dans l'eau.
La matinée file. Les pieds sont déjà engourdis de cette promenade. La vitrine de la patisserie est alléchante... Et entre la crostata de ricotta et la sfogliatella napoletana, le coeur balance ! Tu choisis la première et tu te jures de revenir goûter l'autre le lendemain... Tes pas t'ont mené le long de la Via dei Gibbonari et tu arrives à Campo de' Fiori.
Les restes du marché jonchent les pavés, des choux éventrés, des tomates abîmées et de fleurs de courgettes fanées, quelques couples sont attablés. Les pigeons se régalent de miettes et les terrasses semblent assoupies pour une sieste improvisée...
Cet après-midi, si tu as encore un rien de courage, tu te lancerais bien un défi un peu fou... Ou peut-être demain...
Ciao Cari !
08:27 Publié dans DolceVitaModa, Le passegiatte, Vestiti, vestiti, vestiti | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : vanessa bruno, soldes, dolce vita, rome, italie, terrasse, blouse
05.06.2008
La mia Toscana
La mia Toscana, c'est le titre d'un livre de Sibilla della Gherardesca, entre le récit et le guide, vraiment génial pour qui veut visiter la Toscane comme s'il y vivait depuis toujours... Et si je t'en parle, c'est qu'aujourd'hui, je t'emmène en Toscane, dans la campagne siennoise...
Nous sommes au sud de la région, au coeur de ce paysage vallonné, émaillé de bouquets de cyprès, où se fréquentent le vignoble du Chianti et les cultures céréalières. Les nuances de verts laissent songeur et l'ocre du blé mûr confère aux environs cette drôle de douceur champêtre. Il faut monter tout en haut de la tour du Palazzo Communale à Sienne pour apprécier au mieux toute la majesté du lieu... Les collines à perte de vue, et juste en dessous, la Piazza del Campo, théâtre, deux fois l'an du célébrissime Palio, témoin de la ferveur des contrades siennoises. Sienne est la plus jolie ville de Toscane, loin devant l'arrogante et creuse Firenze -ceux qui me connaissent savent pourquoi j'abhorre prononcer le nom de cette ville en français et pourquoi je prends un malin plaisir à lui trouver tous les défauts du monde.
Une soirée à Sienne, c'est un verre de Chianti sur l'une des terrasses, bien trop touristiques, mais avec tant de charme, de la Piazza del Campo, avec une assiette de pecorino bien sec. Avant de rejoindre, plus loin, dans une ruelle, le plus adorable restaurant de la ville, Il Biondo, où l'on déguste un succulent risotto aux cèpes et des aubergines grillées sous la pergola. Au dessert, je te recommande l'incontournable tiramisù, ou le panforte di Sienna...
Le lendemain, en ouvrant ta fenêtre, la brume matinale inonde les collines, et les premiers rayons du soleil chatouillent les toits de la ville. Une beauté nue, faite de rien et pourtant inoubliable... La lumière de Toscane qui métamorphose à chaque heure qui s'écoule la terre de Sienne, les labours et les chapelles, comme autant de tableaux éphémères... Aujourd'hui, c'est à Montepulciano et à Pienza que nous allons... Des routes sinueuses et secrètes t'y conduisent, entre les vignes et les blés...
Notre journée débute en compagnie de Pie II, le pape humaniste, décidé à donner à son lieu de naissance le faste qu'il mérite... Sur une place déserte, le premier acte d'une pièce qui s'achève avec la mort prématurée du prélat : l'édification de Pienza... La cité idéale comme en rêvait Alberti dans le De re aedificatoria, les proportions parfaites, la géométrie, la perspective, et le paysage au pieds des murailles...
Notre route se poursuit vers Montepulciano, un bourg de vieille noblesse, époustouflant dans son austérité. À ses pieds se dresse une merveille, l'église de San Biagio, inaugurée en grande pompe par le pape Clément VII en 1529... Les volumes intérieurs, d'une sobriété rassurante, atteignent la perfection... Longtemps, j'ai voulu m'y marier... Mais qui sait ?! À Montepulciano, la Renaissance est partout, triomphante, sans fioritures, dans toute son ambition de classicisme à l'Antique... Partout, le lion florentin a mis sa patte sur les palle, armes des Medicis, pour marquer le territoire... Ce petit village acrobatique agit comme un aimant sur ses rares visiteurs...
De partout, la vue plonge sur la houle des collines et le vignoble du Vino Nobile... Et à l'Est, depuis le haut des remparts, on aperçoit le miroir lointain du lac Trasimène.
Nul rêve de Toscane ne se résume mieux qu'ici...
Baci.
Oui, les photos sont plus grandes ! Merci HautetFort !
EDIT : J'ai failli oublier ! Les photos ont été prises par mon homme, naturellement... Pfiou !
13:41 Publié dans Il viaggio, Le passegiatte | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : italie, toscane, dolce vita
26.05.2008
Una serata a Ravello
Une promenade paisible, à quelques kilomètres de Naples, à l'abris du Vésuve... Une soirée d'été, douce et odorante, romantique et élégante... Après l'aventureuse route de corniche, où les Italiens font honneur à leur réputation de fous du volant, un havre de paix...
Le village de Ravello est suspendu entre le ciel et la mer, accroché à la Côte Amalfitaine, une source d'inspiration pour les artistes et les voyageurs en manque de beauté pure. La petite cité s'ouvre sur une ravissante place, dominée par son église... Des ruelles, des passages voûtés, des escaliers, comme un labyrinthe méditerranéen... Des jardins luxuriants et des potagers en terrasses où poussent des aubergines et des courgettes... La sobriété aristocratique de Ravello apaise... Les petites places sont bordées de citronniers, d'amandiers, de vignes et les bougainvilliers envahissent les façades.
Depuis la villa Rufolo, demeure d'une prestigieuse famille que même Boccace a cité dans son Décaméron, la côte se découpe, le paysage est époustouflant et on embrasse du regard les sommets ciselés jusqu'au Cap d'Orso et toute la baie de Maiori. Un sublime pin parasol, et le double clocher de l'église de l'Annunziata, immoratlisés sur toutes les cartes postales, offrent un premier plan idéal pour les photographes amateurs...
À Ravello, la Dolce Vita est partout... Ce serait presque une devise... ! De véritables palaces s'alignent le long de la rue haute, derrière des façades discrètes, presque austères... Et parmi eux, l'hôtel Caruso, un de ces lieux mythiques où je rêverais de passer une nuit, l'élégance parfaite, dans tout son rayonnement... Mais à défaut d'y dormir, il faut absolument y prendre un apéritif, dans ce salon, au bord de la fenêtre sans vitre, aux allures de vitrail, et garder les yeux plongés dans le bleu de la mer. Les cocktails maison sont à se damner... Ils sont réalisés avec les fruits du verger...

Le Bellini... De la pêche blanche fraîche écrasée et du spumanti... Le meilleur au monde... Et le Canaletto, avec de la framboise... L'endroit est d'un calme absolu, d'une sérénité délicieuse... Et reste l'un de mes plus beaux souvenirs d'Italie...
Alors, "on" m'a sommée de préciser que les photos ont été prises par mon amoureux (tout comme celles de Portofino, d'ailleurs !)... !
Et aujourd'hui, ce matin, examen d'espagnol... Le seul qui ne me stresse pas... Puis révisions intenses...
Ciao tutti !!
08:00 Publié dans Il viaggio, Le passegiatte, Mi piace sognare | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : dolce vita, bellini, côte amalfitaine, italie, hotel caruso
21.05.2008
Sole a Portofino...
De l'Italie côtière, on imagine des petits villages tranquilles, qui somnolent au soleil et leurs façades bariolées qui s'étirent comme pour se réveiller d'une sieste trop longue. L'Italie se laisse bercer par le clapotis des vagues. Et dans cette douce torpeur, une escale s'impose, pour se rafraîchir, et profiter d'un paysage nouveau...
Aujourd'hui, mon cher lectorat, je t'emmène te promener dans un petit paradis, au nord de l'Italie, à quelques encâblures de Gênes et de son effervescence, un repos de verdure, un balcon sur la Méditerranée, l'odeur des pinèdes et de la douceur méridionale. Portofino. La perle de la riviera ligure. La route de corniche qui y mène révèle un avant-goût de ce je-ne-sais-quoi, qui donne à ce minuscule port aux accents tropéziens cet air de pérpétuelles vacances.
Le village se recroqueville autour de sa marina où mouillent quelques barques pittoresques, de frêles voiliers et surtout des yachts, éclatants de puissance, au zénith de l'été. La réputation de Portofino est là, chic et élégant. Le badaud admire mais ne scrute pas, l'ambiance y est plus intime, plus polie aussi qu'à Saint-Tropez.
Mais toute la magie du lieu nous est encore jalousement cachée. C'est par un escalier d'une rudese presque décourageante que l'on doit y accéder. Le sentier conduit au château anciennement appelé San Giorgio. C'est de là, après vingt bonnes minutes de marche, que toute la splendeur de Portofino et de son promontoire se révèlent à nous. Depuis les terrasses et les jardins suspendus du Castello, la vue est époustouflante, on domine le village et la crique dans laquelle il est blotti.
Le sentier se poursuit jusqu'au phare et s'achève devant l'infini du large. La Méditerranée s'affiche dans tout son enchantement. Les effluves d'eucalyptus et d'oliviers chatouillent les narines et les souvenirs d'enfance. Portofino détient l'échantillon parfait d'une palette aux nuances envoûtantes. C'est probablement ce qui a poussé Dior à créer une fragrance qui rendrait hommage à cet aperçu de paradis. Escale à Portofino... Le nom donne envie de voyages... C'est d'ailleurs une escale que nous y avions fait, dans notre périple italien, entre Gênes et la Toscane...
Portofino se mérite... Et le village a son cachet, ses snobismes aussi... Le crapahutage sur le cap ne se fera pas sans un peu de dignité et de classe... Et pour faire un clin d'oeil à la rivale hype du village, pourquoi ne pas chausser de jolies tropéziennes, naturelles ou irisées ? Attacher ses cheveux avec un chignon flou, laisser quelques mèches éclaircies par le soleil et le sel rouler dans le cou, garder cet air nonchalant des journées de vacances, une blouse aérienne en coton pour laisser passer l'air, et un petit short... Ma tenue de prédilection quand le thermomètre s'affole... !
Je te laisse au bout de ce sentier, profiter de la vue, mon cher lectorat... Et je te retrouve en bas, dans le bateau-café, pour une orangeade au rythme des clapotis...
Ci vediamo presto !
(Je n'ai pas les résultats de mon entretien, ça a été décalé... je stresse !!!)
06:58 Publié dans DolceVitaModa, Il viaggio, Le passegiatte | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : escale à portofino, tropéziennes, dolce vita
19.05.2008
Il Piccolo Palazzo
Dimanche. Une matinée à se remettre d'une semaine éprouvante et d'un samedi marqué par une contrariété "grognassante" et une soirée foot forcée... !
Dimanche, donc. Entre petit-déjeuner 5* préparé avec amour par mon homme -j'aurais dû prendre une photo de la table... Tartines, fruits, bacon et oeufs à la coque... !- et émissions "art de vivre" sur Paris Première, il y avait de quoi démarrer une journée idéale en douceur. Nous avions prévu une balade à Paris, et hésitions encore entre Musée Rodin et Petit Palais. Mais le Musée Rodin avec un temps incertain, cela n'a plus de sens. Ce fut donc le Petit Palais, dont je n'avais encore jamais visité les collections permanentes, mise à part la salle Art Déco. Au départ, nous avions pensé visiter l'expo "Goya graveur". J'adore Goya. Et je te recommande très très vivement le film que lui avait consacré Carlos Saura il y a quelques années, un véritable chef-d'oeuvre.
L'ennui, c'est que nous n'avions plus un centime de liquide et que la machine à carte bleue était en panne. Donc, nous nous sommes consolés avec les collections permanentes, et gratuites. J'ignorais tout des oeuvres qu'abrite le Petit Palais. Quand je me suis retrouvée nez à nez avec un magnifique Monet, aux accents d'Impression soleil levant, j'ai été toute émue... Mettez-moi un soleil orange au milieu d'un tableau, et vous ferez mon bonheur ! Mon amoureux et moi sommes restés quelques instants devant ce paysage envoûtant... Il y a quelque chose entre Monet et nous... ! Déjà, à la Royal Academy, à Londres, nous étions restés en extase devant un Monet incroyable...
Le Petit Palais est un musée très agréable pour déambuler comme dans une maison inconnue dont nous aurions les clefs... Les pièces dédiées à l'art sous Louis XV et Louis XVi sont également très intéressantes, avec des meubles échappés des Antiquaires du Louvres et des porcelaines colorées comme des friandises. Il y a deux sculptures de Rodin, venu nous faire un clin d'oeil pour nous convaincre d'aller lui rendre visite le plus vite possible, et des tableaux qui m'ont nettement moins plu, de Maurice Denis notamment, plus proches de la pub pour du savon que de l'art... !
La boutique est aussi très inspirante avec sa quantité impressionnante de livres d'art... J'aurais tout acheté ! Mais surtout, j'ai repéré UNE chose que j'achèterai pour fêter mon emménagement avec mon homme, à la rentrée... Un paillasson où il est écrit "Mon Petit Palais" ! C'est si chic et tellement fin, je trouve ! Un peu d'humour à l'entrée de chez soi, ça ne peut pas faire de mal... !
Mais ce que je préfère au Petit Palais, c'est le péristyle et le jardin intérieur... Un régal pour profiter d'un rayon de soleil, le seul de ce dimanche un peu morne... Pour prendre quelques photos et pour apprécier la douceur de vivre...
Notre promenade s'est achevée par une traversée du Pont Alexandre III et une flânerie le long de la Seine... Avant de gagner l'avenue Marceau via la rue François Ier et ses jolies vitrines... !
L'après-midi a ensuite été consacrée à une rationnalisation du voyage en Sicile, pour établir un plan de route intelligent, avec le moins de perte de temps possible, et des étapes dans des villes agréables. Parce que pour l'instant, ce que j'ai pu repérer des hôtels en Sicile, c'est une politique commune : des prix exorbitants, une décoration atroce et des services au compte-goutte. Et comme nous sommes contraints, pour des raisons de vadrouille intensive, de faire des arrêts dans des lieux relativement inintéressants, comme Milazzo, par exemple, d'où partent les ferries pour les îles Eoliennes, il faut ruser... Parce qu'une nuit à 168€ à Milazzo, non ! Mais peu à peu, nous arrivons à un itinéraire satisfaisant...
Et la semaine commence... !
Baci a tutti !
10:09 Publié dans L'arte, Le passegiatte, Parigi, amore mio ! | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : dolce vita, paris
08.05.2008
La Ladurée società
Comme tu le sais très probablement, mon cher lectorat, aujourd'hui, il y a une réunion au sommet de la société secrète Ladurée, rue Bonaparte. Mais aujourd'hui, c'est un peu différent parce que pour la première fois, mon amoureux m'accompagne ! Il faut dire que je passe tant de temps à chouchouter mon petit blog et à lui parler de mes jolies rencontres que cela l'a intrigué.
Avec ce temps magnifique, notre journée va commencer un peu plus tôt, par une balade dans les jardins du Palais-Royal où nous devons retrouver ma petite Princesse préférée et son Prince pour aller ensemble jusque chez Ladurée.

Une telle journée pose toujours le problème du "je m'habille comment". Et la température estivale annoncée aujourd'hui introduit de nouveaux paramètres. J'hésitais entre une robe écrue, courte, avec un plastron, achetée l'été dernier chez Sandro et une jupe courte, enfin, très courte, à volans, Zadig&Voltaire du temps de la qualité (le mot vintage serait presque de mise !) et un T-shirt tout mou gris perle en lin et coton avec un décolleté en U juste ce qu'il faut.
C'est la seconde solution qui l'emporte parce que, avec ma robe, je voulais mettre des sandales à très hauts talons Versace que j'avais trouvées dans un stock en soldes il y a des années et que j'adore ressortir dès les premiers beaux jours... L'ennui, c'est que pour marcher de Palais-Royal à Saint-Germain, ce n'est pas l'idéal ! Donc, chaussures de trottineuse obligatoires, et elles ne vont pas du tout avec la robe... !
Donc, c'est jupe volantée et T-shirt tout mou avec petites sandalettes noires vernies ! Grand sac en cuir naturel Vanessa Bruno que j'aime d'amour... Et éventail gris perle, parfaitement assorti à mes vêtements !
J'ai pris des photos, mais j'ai oublié le câble pour les transférer -je suis chez mon homme- donc tu verras ça demain, je suppose !
Voilà ! Vivement tout à l'heure pour celles que je vais retrouver ! J'ai hâte de vous revoir !
Una bella giornata a tutti !!
12:55 Publié dans Gli amici, Le passegiatte, Parigi, amore mio ! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note













